vendredi 30 novembre 2018

The Curse

Auteur : Marie Rutkoski

Édition : Lumen (site)

Pages : 456

Prix : 15 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  "malédiction du vainqueur  : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.
Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.
Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Un vrai petit bijou de couverture et un résumé alléchant, il ne m'en a pas fallu plus pour acheter ce roman, mon tout premier des éditions Lumen.

Le principal aspect positif du roman, c'est Kestrel. Elle est une héroïne qui change un peu et c'est loin d'être un mal. Loin d'exceller aux arts du combat comme la plupart de ses pairs, elle est plutôt une fine tacticienne et une joueuse de poker très douée. Il est agréable de voir enfin une héroïne de son acabit. Si elle devait finir dans une maison de Poudlard, il n'y a aucun doute qu'elle serait chez Serpentard. Elle n'est pas du tout attirée par les arts du combat (et n'y est de toute façon pas douée comme dit précédemment), mais elle rattrape cette faiblesse par une grande vivacité d'esprit. Elle doit toujours se montrer plus maligne que son adversaire pour l'emporter et toujours garder un coup d'avance. Elle est aussi courageuse mais pas téméraire.
Kestrel n'est pas une héroïne idéalisée, ce n'est pas l'héroïne qui se sacrifie, elle est même dotée, au contraire, d'un très fort instinct de survie et d'un esprit stratège qui la pousse à prendre des décisions parfois dures et implacables voire brutales. Et elle se sent coupable d'être aussi calculatrice, mais c'est son caractère. Personnellement, j'ai apprécié cette héroïne à la personnalité peu habituelle dans le genre.

La relation attendue entre Arin et Kestrel évolue d'abord vers une amitié, ce qui n'est pas pour me déplaire. Malgré tout, l'étape de l'amitié ne s'éternise pas, ce qui est fort dommage... De plus nombreuses rencontres entre les deux n'auraient pas été du luxe car le développement de la romance est encore assez faible pour moi.
Et si dans le derniers tiers du roman Arin et Kestrel apprennent vraiment à mieux à se connaître, le point de vue d'Arin reste trop peu présent. Pourtant, ne serait-ce que du point de vue de la romance, il aurait été intéressant d'être plus souvent dans sa tête car on ne voit que trop peu l'évolution de son côté.

Cela dit, j'ai adoré lire un roman où c'est l'héroïne qui vole au secours du héros en détresse ! Tout comme le fait qu'aucun des deux n'est prêt à abandonner ses objectifs pour l'autre. Ni Kestrel, ni Arin ne peuvent trahir leur patrie, et cela me paraît tout à fait réaliste. Les deux personnages ont de vrais priorités et ont beaucoup de mal à se faire confiance. Ils ne relâchent jamais vraiment leur vigilance.
Sans compter qu'en plus de ça, ils sont tous les deux de sacrés joueurs de poker menteur, alors autant dire que la romance va être compliquée entre deux personnalités pareilles ! Il est d'ailleurs très amusant de les voir se piquer, se jauger et se piéger. Ils ont tous les deux un très bon sens de l'observation et sont parfois même un peu trop sûrs d'eux, ce qui leur joue des tours. Ce sont des aspects qui me font encore plus regretter que la romance se mettent en place trop tôt car il y avait le potentiel de faire bien mieux.

Heureusement que les deux héros sont réussis, car n'espérez pas de personnages secondaires notables. Ils sont bien trop en retrait. Tant et si bien qu'aucun attachement n'est possible. Jess est d'ailleurs le cliché habituel de la meilleure amie de l'héroïne : énergique, romantique et un peu superficielle. Bref, rien à retenir de ce côté-là.

Du côté de l'intrigue, j'ai été ravie de constater qu'aucun des deux camps en présence n'est noir ou blanc. En effet, on finit par s'apercevoir que chaque côté a ses brebis galeuses et des choses à se reprocher.
Mais, bien que l'on n'attende que peu de pages avant de voir débarquer Arin, j'ai malgré tout vite commencé à m'ennuyer. En effet, les rencontres entre Arin et Kestrel ne sont pas très nombreuses et on assiste plus à toutes les sorties mondaines de la bonne société qu'à autre chose. Je cherchais un gros enjeu dans tout ça que je n'apercevais pas. Pour moi, l'action prend trop de temps.
Le dernier tiers du roman est, lui, bien meilleur. Les retournements de situation s'enchaînent et tout se complique tant que l'on se demande où tout cela va mener les deux héros. Beaucoup d'action et de tension au programme dans cette partie, et il aurait été pas mal que tout le roman suive ce rythme.

Je regrette aussi qu'une certaine superficialité ressorte de ce premier tome. On jurerait que l'auteur avait déjà le public visé en tête lorsqu'elle a écrit ce roman. Ou alors ça a été vachement censuré, car j'ai eu l'impression que l'auteur esquivait tout ce qu'il y a de plus horrible dans l'esclavage, contrairement à Une braise sous la cendre qui n'épargnait pas ses lecteurs. Du coup, j'en suis sortie avec l'impression d'avoir lu un roman trop jeunesse pour moi. Je m'attendais à un récit pour les 15 ans et plus, mais on est plus sur du 12 ans et plus. Et vu le sujet abordé, j'attendais plus de dureté et peu de concessions. Le dernier quart est peut-être un peu plus âpre, mais pas de beaucoup, tout est quand même habilement esquivé, comme si on ne voulait pas nous traumatiser.

Le style est, quant à lui, simple, peut-être même un peu trop. J'ai noté en sus pas mal de tournures maladroites, de phrases à rallonge qui me perdaient en route et un manque de détails qui m'empêchait d'imaginer correctement une scène. La faute en revient-elle à la traduction ou au style de l'auteur ? Aucune idée, mais cela reste gênant.

EN BREF :

Kestrel et Arin sont dotés de deux personnalités très intéressantes, ce qui fait regretter encore plus que leur relation manque d'évolution, d'autant que les personnages secondaires sont tout à fait oubliables. Au vu du sujet, le roman manque aussi de dureté et ne devient vraiment prenant que dans le dernier quart.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 The Crime et le tome 3 The Kiss sont déjà disponibles en VF chez Lumen
  • Une nouvelle intitulée Bridge of Snow (nouvelle sur l'enfance d'Arin) est également disponible uniquement en e-book et en VO.

mercredi 21 novembre 2018

La déferlante

Auteur : Michael Buckley

Édition : France Loisirs (site)

Pages : 379

Prix : 14,30 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Trente mille créatures inquiétantes surgies de la mer : les Alphas.
Veulent-elles nous envahir ou fuient-elles un danger terrifiant ?
Lyric, une humaine, et Fathom, le prince des Alphas doivent absolument s'entendre pour sauver l'humanité.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Les bonnes critiques que ce roman récoltait sur Livraddict et son résumé font partie des éléments qui m'ont encouragé à l'acquérir. Et vu son prix intéressant à France Loisirs, ce livre a vite fini dans ma PAL !

Narré à la première personne par une héroïne sympathique, l'action se déroule dans une ville où règne l'insécurité et les discriminations. On est bien loin des banlieues aisées américaines, ce qui n'est pas pour me déplaire, bien au contraire !
L'arrivée peu avant le début du roman des Alphas sur la plage n'a fait qu'exacerber les tensions qui régnait déjà sur la ville. La haine des habitants se cristallise donc sur ce peuple, il faut le dire, quand même assez effrayant. C'est clairement le choc des cultures. Les Alphas sont un peuple que je qualifierai d'archaïque, prônant l'honneur, la fierté et la violence. Bref, un peuple très spartiate en somme.

L'action est permanente, ce qui fait de ce premier tome un vrai page-turner., Vu le climat plus que tendu qui règne dans la Zone entre les humains radicaux et les Alphas, il se passe toujours quelque chose : agressions, saccages, bagarres, insultes, ... autant dire qu'on ne s'ennuie pas un seul instant. Les discriminations dont sont victimes les Alphas font par ailleurs étrangement écho à l’actualité, ce qui rend cette lecture d'autant plus intéressante de mon point de vue.
Il n'y a pas vraiment de bons côtés dans cette intrigue, et c'est là une de ses plus grandes qualités. La défiance et le mépris sont présents dans tous les camps et aucun n'est au-delà de tout reproche. Cela dit, on a quand même un gros plan sur une faction humaine violente et discriminante.

L'univers érigé par l'auteur est hyper original. Via ce peuple inconnu arrivé mystérieusement du fond des mers, c'est une toute nouvelle mythologie que nous propose l'auteur, inspirée de créatures marines légendaires. Et il a créé à partir de cette source d'inspiration toute une civilisation et ses coutumes.

Comme je le disais plus haut, Lyric est une héroïne très agréable à suivre, et heureusement étant donné que l'on suit uniquement son point de vue. Lyric était une adolescente plutôt dissipée (ça change des héroïnes habituelles !) mais qui a dû apprendre à faire profil bas pour cacher un secret qui mettrait toute sa famille en danger. Le secret qu'elle garde paraît évident, mais il n'en est pas fait mystère longtemps puisqu'il est dévoilé assez tôt dans le roman.
Lyric est attentionnée avec ses amis et sa famille et le monde ne tourne pas autour d'elle. Elle sait où placer ses priorités, et notamment sur sa famille. Elle est parfois terrifiée comme n'importe qui pourrait l'être à sa place, mais elle a du cran et ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle doit le cacher pour éviter d'attirer l'attention sur elle.

Concernant Fathom, le prince des Alphas, je lui ai trouvé un côté homme de Cro-Magnon qui ne m'a pas plu du tout. Bon, ses coups de sang finissent par s'expliquer, mais quand même... Après, il est vrai qu'il n'a pas la vie doré qu'on pourrait lui prêter avec son statut de prince. Son titre a en réalité fait de sa vie une suite de combats brutaux, tradition de son peuple. Il a été élevé dans une tradition brutale et sans compassion, où seul l'honneur compte.
Si sa posture de mâle dominant qui ne doit montrer aucune faiblesse m'avait bien refroidi dès le début, Fathom reste un personnage que l'on peut comprendre, victime de coutumes et de traditions violentes plutôt que de sa personnalité. Au fur et à mesure, je me suis même plutôt sentie désolée pour ce jeune homme qui doit supporter seul les conséquences des mauvaises décisions de son père. Et avec le temps et la fréquentation de Lyric, il finit par s'adoucir un peu et montre un visage qu'il s'interdit d'exposer habituellement parce qu'il n'a pas le droit de montrer une seule faille.

La relation qui se noue entre Fathom et Lyric est sous haute tension. Il lui fait peur, et c'est carrément compréhensible vu le personnage de Fathom, mais la demoiselle a du cran. Leur histoire est plutôt bien gérée. Ils sont tout deux forcés de se côtoyer chaque jour seul à seule et ils apprennent à se connaître petit à petit presque malgré eux, c'est ce qui rend leur romance crédible. Bon, je n'aurais pas été contre plus de rencontres et donc plus de pages pour encore mieux crédibiliser l'évolution de leurs sentiments, mais ça reste bon. Ça aurait aussi été pas mal d'en garder un peu pour le tome 2. L'évolution n'est pas mal du tout, mais ça aurait pu être encore mieux.
En revanche, la tension entre Fathom et Lyric est parfaitement mise en valeur ! Elle est à couper au couteau. Et puis, pour ceux qui le craindrait, le rapprochement entre eux est tout sauf mièvre (vu les deux caractères, ça me semble plus que réaliste).

Notons que la romance entre Fathom et Lyric n'est pas la seule présente. On a aussi droit à quelques couples parmi les personnages secondaires et à de potentielles futures romances esquissées dans ce premier tome. C'est très agréable de voir que les personnages secondaires ne sont pas délaissés et ont aussi une vie.

En effet, une belle brochette de personnages secondaires nous est aussi présentée ici. Des personnages qui ont une vie, des problèmes, une histoire. Ils vivent en-dehors de la sphère de l'héroïne. Je pense en particulier à Bex et Shadow, les deux meilleurs amis de Lyric. Leur duo est adorable ! Bex mérite tellement tout le bonheur du monde, elle a une vie très difficile et pourtant un courage à toute épreuve. Sa personnalité extravertie et sa discrétion concernant ses problèmes m'ont fait penser à Isis, l'héroïne de Je te hais... passionnément. Elles sont de la même trempe.

Quelques autres personnages marquent également le récit, parmi eux les parents de Lyric. C'est top de lire en young adult des rôles de parents qui déchirent ! Et puis leur couple est tellement beau que j'adorerais avoir une petite nouvelle sur la façon dont ils se sont rencontrés. Le père de Lyric est un super-héros ! Il est juste génial ! Et la mère de Summer n'est pas en reste, même si comme sa fille elle doit faire profil bas, il ne faut pas la chercher !
Doyle, le principal, est un personnage bien mystérieux... On ne sait pas trop sur quel pied danser avec lui. Il est intriguant et on se demande jusqu'au bout de quel côté il est.
Côté Alpha plusieurs personnalités sont également dessinées. J'ai apprécié que les personnages féminins ne soient pas cantonnées à des rôles cliché. Il y a beaucoup de tempéraments différents.
Bref, le casting des personnages secondaires est excellent. Du coup, quand on en perd, on est tout sauf indifférent. Mon petit cœur tout mou a été crevé par la disparition de l'un d'entre eux... Je ne m'y attendais vraiment pas...

EN BREF :

Une intrigue intelligemment menée et bourrée d'action alliée à un univers original et à des personnages bien campés et développés donne ce très bon premier tome d'une trilogie. La romance principale aurait pu être un peu plus lente, mais elle est déjà excellente, et même si le côté mâle alpha de Fathom m'a déplu, le personnage évolue fort heureusement.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 La colère des abysses est déjà disponible en VF chez PKJ et France Loisirs.
  • Le tome 3 Heart of the Storm (titre VO) est déjà disponible en VO.

mardi 6 novembre 2018

Je te hais... passionnément

Auteur : Sara Wolf

Édition : PKJ (site)

Pages : 346

Prix : 16,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Isis Blake, 17 ans, a un objectif : ne JAMAIS retomber amoureuse. Alors qu’elle tente de s’intégrer dans son nouveau lycée, elle tient à ce que personne n’apprenne qu’avant elle était obèse… et qu’elle avait un cœur. 
Mais, au lieu de se faire discrète, Isis colle son poing dans la figure de Jack Hunter, celui qu’on surnomme « le Prince de Glace ». Dès lors les couloirs du lycée deviennent un champ de bataille. Leur guerre sera sans merci…


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Si je me suis retrouvée avec ce livre entre les mains, c'est premièrement à cause du résumé (les romances où ça se tape mutuellement dessus au départ, ça me parle), mais je me méfie avec les résumés plein de promesses comme ça... C'est donc la chronique d'un blog qui m'a finalement convaincu de l'acheter puisqu'il y était décrit une romance pas niaise et surtout progressive, condition sine qua non d'une relation réussie en ce qui me concerne.

Premier constat : le style dynamique. On suit en immense majorité le point de vue d'Isis, le style est donc à son image : punchy et sans fioritures. Les répliques et les dialogues sont vifs et natures, en dépit de quelques répliques d'Isis qui m'ont paru un peu trio recherché pour être naturelles.
À noter que quelques passage du roman sont du point de vue de Jack, ce qui est un plus. En revanche, ne pas en avoir fait des chapitres distincts est une erreur car la première fois que je suis tombée dessus au détour d'un paragraphe, ne m'y attendant pas, il m'a fallu un certain temps pour percuter. J'ai dû relire le passage presque entièrement.

L'intrigue m'a agréablement surprise puisque je me suis rendue compte au fur et à mesure qu'elle ne se concentrait pas uniquement sur la romance entre Isis et Jack. Des sujets graves sont abordés ici, ce qui rend le roman beaucoup moins superficiel qu'on pourrait le croire en lisant la quatrième de couverture. Entre le secret d'Isis puis celui de Jack qui est lié à quatre autres personnages, une vraie intrigue se dessine. On a envie de découvrir le secret qui lie Jack à d'autres personnages. Le mystère persiste encore, notamment sur le passé d'Isis. Car si on peut en deviner une partie il manque encore des détails, ce qui laisse une marge pour la suite.
En revanche, un aspect de l'intrigue m'a posé problème. En effet, certains évènements concerne des gamins de douze ans et la nature des évènements en question rend leur âge peu crédible. À quinze ans, ça aurai pu passer à la rigueur, mais à douze ans c'est totalement improbable et peu réaliste.
Je ne suis pas non plus fan de la fin qui propose un twist terriblement cliché et qui devrait être interdit en littérature (ouais, carrément...).

L'héroïne, Isis, est sacrément excessive ! Un peu trop pour moi parfois, même si je comprends que tout prendre au second degré est son moyen de défense pour que plus rien ne la touche. Cela dit, cela ça ne m'a pas empêché de l'apprécier malgré tout. J'ai eu beaucoup d'empathie pour celle qu'elle est à l'intérieur, la jeune fille qui fait croire à tout le monde qu'elle a une confiance en elle à toute épreuve alors qu'au fond elle se déprécie et a perdu tout amour d'elle-même. J'avais juste envie de lui faire un énorme câlin. Par contre, j'ai eu un peu de mal avec son appellation "Sans-nom" du jeune homme qui lui a fait du mal, c'est anecdotique, mais une insulte m'aurait semblé plus crédible.
À noter que j'ai adoré côtoyé une héroïne qui est une véritable amie. Son amitié avec Kayla est d'une importance capitale à ses yeux et elle est extrêmement protectrice. Ça fait plaisir à voir !

Passons au sujet Jack... et je dois avouer que je n'en ai pas voulu une seconde à Isis de lui avoir mis son poing dans la figure, ça m'aurait démangé aussi. Il a certes des failles, une profonde blessure et des bons côtés, mais cela n'excuse pas son mépris des autres. Monsieur se croit supérieur à tous les autres, beaucoup trop simple d'esprit pour lui, comme s'il avait le monopole de la complexité. Tous les autres lycéens sont simplistes et inintéressants selon Monsieur. Il est d'une arrogance ! Il a certes des qualités mais ça n'excuse pas son mépris.

La romance entre Isis et Jack démarrait sous les meilleurs auspices. J'aime bien quand les deux parties se détestent dès le départ, et là c'est carrément le cas, leur relation est plus que houleuse. Ils se rendent coup pour coup, du coup il n'y a pas de rapport de supériorité malsaine entre eux. Les sentiments naissent progressivement. Au fil des sales coups qu'ils s'infligent l'un à l'autre, ils se découvrent plus en profondeur.
D'ailleurs, ils ne sont pas casés à la fin de ce premier tome, ce qui promet une suite qui continuera à faire évoluer leur duo en douceur au lieu d'opter pour une intrigue qui repose sur une séparation comme dans la plupart des romances young adult...

Enfin, l'auteur a su donner une vraie place aux personnages secondaires ! Un vrai bon point ! La majorité d'entre sont mêlés au secret de Jack et ont par conséquent une grande place dans l'intrigue. Et dernier point les concernant, et pas des moindres : ils sont travaillés. Chacun d'entre eux est complexe et humain. Pas un seul n'est tout noir ou tout blanc. Même la fameuse "garce du lycée" cache des failles.
Seule Kayla m'a semblé peu intéressante mais l'auteur a malgré tout essayé de ne pas la rendre trop parfaite. En revanche, j'avoue avoir eu un coup de coeur pour Wren qui est un garçon juste adorable, un peu maladroit et geek, il est à croquer ! Que Kayla soir obnubilé par Jack alors qu'il y a Wren juste à côté me dépasse.

EN BREF :

Une romance houleuse et progressive réussie entre deux forts caractères au passé douloureux. Les personnages secondaires sont en plus bien développés, ont une vraie personnalité travaillée et une vraie place dans l'intrigue. L'intrigue sur le secret qui lie certains personnages m'a plu, quoique certains éléments plutôt improbables en casse la crédibilité, mais elle a le mérite de lier les personnages entre eux et des les impliquer. En revanche, la fin est beaucoup trop cliché.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 Je te hais... à la folie et le tome 3 Je ne te hais... plus du tout sont déjà disponibles en VF chez PKJ.

mardi 14 août 2018

Kate Daniels - Tome 1 : Morsure magique

Auteur : Ilona Andrews

Édition : MxM Bookmark (site)

Pages : 317

Prix : 16 €

Public : Adulte

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Atlanta pourrait être une ville charmante s'il n'y avait pas la magie...
Lors d'une vague magique, les mages lancent leurs sorts, des monstres apparaissent, les armes à feu cessent de fonctionner et les voitures ne démarrent plus. Puis la technologie reprend le dessus et la vague magique se retire aussi vite qu'elle est arrivée en laissant derrière elle toutes sortes de problèmes paranormaux.
Kate Daniels est une mercenaire de la magie chargée de régler ces problèmes. Mais quand son tuteur est assassiné, sa soif de justice va la mener au cœur d'une confrontation entre les Nécromanciens et les Changeformes d'Atlanta.
Les deux clans se tiennent mutuellement pour responsables d'une série de meurtres que Kate va devoir élucider. Et même si elle a conscience que cette mission dépasse ses compétences, cela lui convient parfaitement.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Si j'ai commencé cette saga c'est uniquement dû au flot de bonnes critiques qu'elle recevait. Parce qu'à la base, je ne suis pas super fan de bit-lit, genre où elle était classée en librairie, mais les avis des lecteurs dépeignaient une saga de qualité, pas vraiment à sa place dans le rayon bit-lit, pourvue d'un univers complexe, de bons personnages et d'une romance non invasive qui prend son temps. C'est pourquoi j'ai voulu lui laisser sa chance.
Du coup, même l'abandon de la saga par Milady ne m'a pas découragé puisque j’envisageais sérieusement de la commencer en VO. Mais l'annonce de sa reprise chez MxM Bookmark fut tout de même une bonne nouvelle (autant le lire en VF que lutter en VO) et j'ai acheté ce premier tome à sa sortie, ne serait-ce que pour encourager une reprise bienvenue.

Et j'ai lutté. Vraiment. Surtout pendant la première moitié. J'ai même failli laisser tomber mais j'ai finalement persisté, motivée par les bonnes critiques un peu partout et me disant que si j'abandonnais je passais peut-être à côté de quelque chose.

Ce qui m'a le plus rendu la lecture difficile c'est la manière dont est introduit l'univers. Ou dont l'univers n'est pas introduit en fait... On est jeté dedans sans transition. Je lisais sans rien comprendre, totalement perdue dans la multitudes de termes nouveaux. On suit le point de vue de Kate, qui vit dans ce monde et le connaît, mais le lecteur, lui, non. L'univers est complexe et à la croisée de multiples influences, il aurait donc mérité des explications claires voire même scolaires si besoin. Cela m'aurait éviter de tâtonner dans le noir à pleurer le manque d'explications puisque pendant presque tout le roman je n'étais qu'une pauvre lectrice paumée.
Et ce n'est qu'à la fin que j'ai découvert un lexique et une FAQ expliquant l'univers. Autant dire que j'aurais aimé lire ça avant ! Toutes ces informations auraient dû être présentes DANS le roman, et très tôt ! Car c'est réellement la FAQ et le lexique qui m'ont permis de comprendre enfin l'univers dans son ensemble. Cela dit, une fois le roman terminé, c'est un peu tard...
En revanche, si je ne suis pas fan du mélange de la technologie et de la magie, l'objectif des auteurs m'a rassuré, puisque leur idée est de créer un monde où cette fois-ci la magie prendrait le dessus sur la technologie. Et dire que j'ai failli abandonner alors que les descriptions de l'univers et les intentions des auteurs me donne plutôt envie de lire la suite, ça aurait été dommage !

Autre erreur de ce premier tome qui n'arrange rien : des chapitres beaucoup trop longs. Déjà que l'univers perd le lecteur, si en plus les chapitres sont longs, dur de ne pas laisser tomber... Ce premier tome aurait mérité un découpage plus dynamique et par là même plus entraînant.

Le deuxième aspect qui ne m'a pas plu mais qui tient moins de l'erreur que d'une question de goût : l'enquête. Je n'aime pas les romans policiers, donc forcément j'ai eu du mal à m'y intéresser. Et si c'est une saga avec une enquête par tome, il est plus que clair que ça ne le fera pas.
Une ombre de mystère plane encore sur les origines de Kate et fait certes office de très léger fil rouge, mais j'espère quand même en apercevoir un beaucoup plus solide dans la suite.
J'ai eu du mal également avec les scènes gores un peu trop détaillées à mon goût. Il y a des choses que j'aurais sincèrement préféré ignorer...

Par contre, le dernier tiers a été beaucoup plus facile à lire que le reste. On y trouve plus d'action, moins d'enquête, des personnages secondaires plus présents et des liens se tissent entre plusieurs protagonistes. C'est tout cela qui m'a permis de beaucoup plus accrocher et de ne pas me forcer à lire. J'ai pris plaisir à lire cette partie. Un peu tard cela dit.
La suite décidera donc si oui ou non je suis prête à m'engager durablement dans cette saga. Et il lui faudra pour cela un solide fil rouge et des personnages secondaires importants.

Concernant l'héroïne, son côté grande de gueule m'a paru un peu excessif par moment, heureusement ses bravades sont compensées par le fait qu'elle ait des peurs tout à fait compréhensibles, comme tout le monde. Elle reste humaine. En réalité, Kate connaît ses limites, c'est juste qu'elle ne le montrera pas à autrui. Son côté bravache et insolent est surtout utilisé en bouclier en vérité.

Pour l'instant, pas de personnages secondaires féminins à se mettre sous la dent, mais j'attends de lire la suite. La première moitié présente en outre des personnages qui ne m'ont pas séduit et qui de toute façon ne font que traverser le roman épisodiquement, pour les besoins de l'enquête. Il me manquait clairement des personnages récurrents importants pour enfin lire sans me forcer. Et j'ai dû attendre. Il faut dire aussi que l'intrigue sous forme d'enquête n'encourage pas non plus la présence régulière de personnages...
Heureusement, Curran est un personnage qui prend plus d'importance dans la seconde moitié. Dommage que je ne souscrive pas au héros mâle alpha bourré de testostérones et méprisant. Par chance, Kate a la décence de lui rendre la politesse. Ce premier tome contient par ailleurs deux chapitres bonus, arrivés pile au moment où je me disais qu'avoir le point de vue de Curran aurait été intéressant. Bon, ces deux petits chapitres n'ont certes pas redoré son blason à mes yeux mais soit, ils ont le mérite d'exister.

La relation qui se dessine entre Kate et Curran n'en est qu'à ses prémices, et tant mieux. On va commencer avec un respect mutuel, c'est déjà bien. Si je ne suis pas hyper fan de Curran, je reconnais que cela reste prometteur. Comme je l'avais lu dans pas mal de chroniques, la romance va certainement prendre son temps et pour moi c'est un gros plus. Il n'y a pas de coup de foudre et Kate ne se pâme pas devant monsieur (alléluia !).

EN BREF :

Un premier tome avec du potentiel, qui présente un univers original et quelques personnages intéressants, mais ce potentiel n'est pas du tout mis en valeur à cause du manque cruel d'explications sur l'univers très complexe (heureusement qu'une FAQ et un lexique sont là !) et d'une intrigue un peu trop enquête policière à mon goût. Néanmoins, le potentiel de ce roman est certain et je tenterai la suite en espérant plus de personnages importants et un vrai fil rouge.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une saga de 10 tomes.
  • Le tome 2 Brûlure magique, le tome 3 Attaque magique, le tome 4 Blessure magique et le tome 5 Meurtre magique sont déjà disponibles en VF chez MxM Bookmark.
  • Le tome 6 Magic Rises, le tome 7 Magic Breaks, le tome 8 Magic Shifts et le tome 9 Magic Binds sont déjà disponibles en VO.
  • Le tome 10 Magic Triumphs paraîtra en VO le 28/08/2018.
  • La saga Kate Daniels inclue également un spin-off disponible en VO : Gunmetal Magic (spin-off du point de vue d'Andrea et se situant entre le tome 5 et 6).
  • Une trilogie spin-off The Iron Covenant dont le tome 1 Iron and Magic est déjà disponible en VO est également en cours de publication.
  • Plusieurs nouvelles sur la saga Kate Daniels uniquement en e-book et en VO sont également disponibles : Magic Mourns (spin-off du point de vue d'Andrea se situant entre le tome 4 et 5), Magic Dreams (nouvelle sur le duo Dali/Jim se situant entre le tome 4 et 5), Magic Gifts (nouvelle sur le duo Kate/Curran se situant entre le tome 5 et 6), Magic Steals (suite de Magic Dreams, toujours sur le duo Dali/Jim et se situant entre le tome 6 et 7) et Magic Stars (nouvelle sur le duo Julie/Derek se situant entre le tome 8 et 9)
  • D'autres nouvelles sur la saga Kate Daniels sont disponibles gratuitement uniquement en VO sur le site http://www.ilona-andrews.com/free-fiction/.

vendredi 27 juillet 2018

Une île

Auteur : Tracey Garvis Graves

Édition : Milady (site)

Pages : 402

Prix : 8,20 €

Public : Adulte

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Anna Emerson n’hésite pas un instant lorsque les Callahan lui proposent de se rendre aux Maldives pour donner des cours à leur fils T.J., en rémission d’un cancer. Mais rien ne se passe comme prévu : le jet privé à bord duquel ils ont embarqué se crashe au beau milieu de l’océan Indien. Les voici naufragés sur une île déserte où ils vont devoir apprendre à survivre. Si l’adolescent rechute, rien ne pourra le sauver. Anna se sent malgré tout étrangement attirée par son compagnon d’infortune. Alors que chacun d’eux n’a plus que l’autre pour unique horizon, leur seule chance de s’en sortir est ce lien précieux qui ne cesse de grandir entre eux.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


La principale raison pour laquelle j'ai acheté ce roman, c'est la possibilité d'ENFIN lire une romance où le personnage féminin serait le plus âgé (et c'est de beaucoup dans ce cas précis). Parce que les romans qui présentent le schéma inverse sont légion... du coup, un petit rééquilibrage ne fait pas de mal (même si on est bien loin du compte en terme de rééquilibrage...).

Les chapitres sont courts et présentent tour à tour le point de vue d'Anna et de T.J., moi qui pensais n'avoir que celui d'Anna, j'ai donc été agréablement surprise. Clairement, une romance est toujours meilleure quand on partage le point de vue des deux protagonistes principaux.
Le style est de plus simple et efficace, sans blabla inutiles et métaphores poétique (clairement, ça va droit au but). C'est donc un roman très rapide à lire. Le seul bémol que j'aurais à noter, c'est le manque de descriptions physique, j'aurais aimé pouvoir me forger une image plus précise de T.J. notamment.

Autre bonne surprise : plus de la moitié du roman se déroule sur l'île où les deux héros ont échoué. Sans compter qu'il n'y a aucun besoin d'attendre je ne sais combien de page que l'action se présente puisque le naufrage se produit rapidement, quasi dès le début. Moi qui craignais que la période Koh-Lanta n'occupe qu'une faible part de l'histoire et que le roman mette quinze ans à installer ses personnages et à commencer réellement l'histoire, j'ai vite été surprise très positivement.
La période sur l'île s'étend en plus sur plusieurs années, et ce n'est pas juste des vacances, c'est de la véritable survie. L'île est sauvage et déserte, et même s'ils ont la chance de récupérer pour un temps pas mal de matériel, le système D devient vite nécessaire.
Le manque de nourriture et d'eau et les maladies sont une grosse part de leurs problèmes. Bon, par contre, le tabou des poils sur les femmes n'est pas prêt d'être brisé... Le roman parle de pratiquement tout (les odeurs, les cheveux, la barbe), sauf de ça. Évidemment qu'Anna a réussi à récupérer un rasoir... et même lorsqu'il est émoussé, il est évident qu'elle n'a RIEN...

La romance n'a rien de choquant finalement puisqu'il ne se passe rien avant que T.J. ait pratiquement 19 ans. Anna n'a aucune attirance envers lui lorsqu'il a 16 ans. L'attirance d'Anna apparaît plutôt une fois qu'il est majeur. Quant à T.J., il est attiré dès le départ. Forcément, c'est un adolescent de 16 ans qui a les hormones en ébullition, rien d'étonnant. Je ne suis d'ailleurs pas la mieux placée pour le constater, mais le point de vue de T.J. m'a paru tout à fait crédible.
Leur histoire est donc bien menée puisqu'on prend son temps. Et puis, juste à deux sur une île pendant plusieurs années, des liens se forment obligatoirement. Ils se soutiennent, se rassurent l'un l'autre, et les années passent, l'attirance naît et finit par devenir physique.

L'auteur a par ailleurs eu la bonté de ne pas créer de drames inutiles avec les parents de T.J. concernant son histoire avec Anna. Les réactions clichés digne de téléfilms américains m'ont été épargnées. Leur parcours n'est pas exempt d'embûches, mais leur entourage est mature, raisonnable et compréhensif.

EN BREF :

Ce n'est pas le roman du siècle, certes, mais il fait son boulot correctement et a l'avantage de présenter un couple atypique et crédible. La partie sur l'île tient ses promesses et la romance est réussie. Une jolie histoire !


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :

jeudi 19 juillet 2018

Les larmes rouges - Tome 1 : Réminiscences

Auteur : Georgia Caldera

Édition : J'ai lu (site)

Pages : 761

Prix : 10,90 €

Public : Adulte

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s'y méprendre avec la réalité.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Commencer après une panne de lecture de plusieurs mois un pavé pareil, et en plus d'un auteur dont j'avais déjà abandonné un livre, n'était pas l'une de mes meilleures idées. Si on n'accroche pas très vite et qu'en plus le style est lourd, un pavé peut vite devenir décourageant, et c'était ma principale crainte en démarrant, notamment vu les échos que j'ai eu sur un style travaillé (entre travaillé et lourd et pompeux, la ligne est parfois très fine).

Et pourtant, j'en fus la première surprise, mais je suis entrée très rapidement dans le récit et je n'ai pas traîné pour le finir.
Notamment grâce à un attachement immédiat à l'héroïne et à une totale empathie envers elle. Ses tourments, le fait qu'elle veuille moins en finir avec la vie qu'avec un mal-être permanent et une profonde solitude, mais aussi parce qu'elle ne se voit plus aucun avenir. Ses souffrances m'ont vraiment parlé.
Ses réactions tout au long du roman sont en outre sensées et réalistes (et en fantastique, ce n'est pas souvent le cas !). Il n'y a que sur la fin qu'elle devient bien trop girouette à mon goût et trop sentimentalement dépendante. Cela dit, malgré ces deux points négatifs, j'ai globalement bien apprécié Cornélia.

Du côté de la découverte du monde fantastique, j'irais presque jusqu'à dire qu'on approche de la perfection. Bien trop souvent dans les romans fantastiques l'acceptation du surnaturel est trop rapide et irréaliste. Ici, l'introduction de cet univers est menée d'une main de maître. On est au top de la crédibilité puisque les découvertes que fait Cornélia engendre chez elle des réactions saines et humaines.
D'autant que ce qu'elle découvre est loin d'être glamour. Si la façade est belle et parfaite, c'est pour mieux camoufler le glauque et l'horreur. L'univers présenté est sombre et gothique, et l'auteur ne prend pas de gants, ni le lecteur ni Cornélia ne sont épargnés. L'ambiance lugubre est particulièrement réussie dans ce roman.

Si l'intrigue ne contient pas vraiment d'action à proprement parler, l'auteur a su mener sa barque et maintenir une vraie tension au travers des scènes angoissantes voire gores vécues par Cornélia.
Et le tout sans nous frustrer en nous maintenant dans le noir, l'auteur dévoilant à chaque chapitre une nouvelle information, que ce soit à travers des souvenirs ou au moment présent, et ce tout au long de l'histoire. En tant que lecteur, on a donc toujours un morceau de plus au tableau de l'intrigue au fur et à mesure de notre avancée, ce qui aide aussi à accrocher. Tous les morceaux s'imbrique petit à petit pour nous permettre d'assembler le puzzle de l'intrigue.

Concernant la romance, je craignais de tomber sur une romance malsaine, comme ce fut le cas dans un roman du même auteur que j'ai fini par laisser tomber, mais heureusement ce ne fut pas le cas ici. Tout comme l'intrigue, la romance est menée avec intelligence et crédibilité.
Le personnage masculin, bien qu'au premier abord très froid, se révèle être une vraie bouée de sauvetage pour une Cornélia qui se sent bien seule. Il est bon et attentionné derrière une apparente froideur, et leur histoire est menée comme j'aime. Il n'y a a pas de coup de foudre, Henri devenant d'abord un ami précieux pour Cornélia. Il faut dire qu'en approximativement huit cents pages, l'auteur a de quoi construire une belle amitié et plus si affinités. D'autant que l'auteur ne se concentre que sur eux deux, ce qui est un avantage de taille pour développer une relation sans précipitation. Moi qui suis relativement difficile, leur histoire m'a paru réaliste.
Les seuls bémols sont qu'Henri aime souvent se flageller et a parfois avec Cornélia un comportement un peu paternaliste que je n'apprécie pas beaucoup, surtout que sur la fin, la jeune femme me paraît un peu trop dépendante de lui. Enfin, encore une fois, sans originalité, le héros masculin est plus âgé. Mais bon, si l'histoire est bien menée, ce détail m'embête moins.

En revanche, si dans ce premier tome cela ne m'a pas manqué, j'espère que la suite apportera de nouveaux personnages importants, ou tout du moins pas cantonnés à des souvenirs. En effet, si le fait d'être centré uniquement sur Cornélia et Henri dans ce premier tome est un avantage pour la crédibilité de leur relation, je ne pense pas que les tomes suivants puisse se concentrer encore uniquement sur eux. Ça risquerait de devenir lassant. Donc j'espère voir du monde qui soit important et attachant dans la suite.

Quant au style, que je craignais lourd et alambiqué, il ne l'est finalement pas du tout. L'écriture est certes travaillé et plutôt descriptive mais elle reste d'une étonnante fluidité. C'est passé comme une lettre à la poste, et heureusement vu le pavé !

EN BREF :

Un bon gros pavé qui se lit comme un rien grâce à un style équilibré, à une héroïne attachante et sensée, à une intrigue mystérieuse dévoilée pièce par pièce dans un univers gothique à souhait, et à une romance menée avec brio. Reste tout de même un Henri quelque peu paternaliste et une Cornélia trop dépendante de lui. J'émets également quelques doutes sur la suite si celle-ci reste encore uniquement centrée sur Henri et Cornélia sans autres personnages importants autour.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 Déliquescence et le tome 3 Quintessence sont déjà disponible chez J'ai lu ou aux Éditions du Chat Noir.
  • En poche, chez J'ai lu, le tome 1 a été divisé en deux parties : le tome 1 Réminiscences et le tome 1.2 Rémanence.

vendredi 29 juin 2018

L'Empire de sable

Auteur : Kayla Olson

Édition : R (site)

Pages : 478

Prix : 17,90 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Une page s'est tournée dans l'histoire de l'humanité depuis que les dérèglements climatiques ont rendu la plus grande partie du globe inhabitable. Puis a eu lieu la révolution orchestrée par les Loups, un puissant groupe armé. Ce jour-là, ils ont pris le pouvoir. Ce jour-là, ils ont tout pris à Eden, qui n'a rien vu venir. La voilà désormais détenue dans un camp de travail sous haute sécurité. Son seul espoir ? Gagner l'île de Sanctuary dont lui a parlé son père, le dernier territoire encore neutre. Mais quand Eden parvient finalement à y accoster avec d'autres évadés, l'île se révèle encore plus dangereuse que leur précédente prison...


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Débuté avec envie, surtout grâce à sa comparaison avec Lost, série que j'adore, mais aussi parce que les droits cinématographiques ont déjà été acquis et promettait donc un roman avec un gros potentiel.

Les débuts ont pourtant été plus que compliqués. Je n'accrochais pas du tout et ai seulement poursuivi dans l'espoir que ce soit meilleur.
J'ai eu surtout du mal avec le coup des riches contre qui les pauvres se sont retournés, ce qui donne une société où les méchants pauvres martyrisent les gentils riches. C'est ce qui m'a totalement empêché d'éprouver de l'empathie envers l'héroïne.
D'autant qu'une bonne partie du roman se déroule avec uniquement le groupe de quatre filles à suivre. Et les deux seules filles qui ne viennent pas d'un milieu privilégié soit disparaissent rapidement de la circulation, soit sont antipathiques au possible. Et comme on a quand même une bonne partie du roman à passer uniquement avec ces quatre filles, j'ai eu beaucoup de mal à trouver la motivation d'avancer dans ma lecture.

Un regain d'intérêt à pointé le bout de son nez lorsque de nouveaux personnages sont arrivés dans le récit. Un regain qui est malheureusement vite redescendu... Encore une fois, les rares personnages qui m'ont tapé dans l’œil ou qui paraissaient avoir de l'intérêt sont relégués au second plan.
Le point de vue de l'héroïne est pour moi l'une des plus grosses erreurs de ce roman. Avoir plusieurs points de vue aurait permis d'approfondir les protagonistes et de rendre donc l'histoire plus intéressante et plus complexe. Rien que  le fait d'avoir plusieurs narrateurs aurait rendu ce roman vraiment bien meilleur !

Ajoutons à cela que la romance est mal amenée et sans surprise. On la voit arriver à cent mille kilomètres tellement c'est déjà-vu... Il n'y a aucune alchimie, aucune profondeur, et cette romance semble être là pour être là, parce qu'il en faut bien une. Ce n'est que du decorum. Qui plus est, l'héroïne et le garçon concerné manquent affreusement de charisme.
Alors que juste à côté, deux personnages secondaires, même en étant à l'arrière-plan, partageaient une histoire avec potentiellement plus de profondeur et de complexité. C'est eux qu'il aurait fallu mettre en avant, car leur superbe potentiel est totalement gâché par leur mise au second plan. À cause de l'unique point de vue d'Eden, ils n'ont aucune place dans le récit et c'est pour moi la seconde grosse erreur du roman.

Le plus gros coup de massue est arrivé alors que je parvenais enfin presque au bout du roman. C'est à ce moment-là que j'ai appris, par hasard, qu'en fait  je ne lisais pas le premier tome d'une saga. Je ne sais pas pourquoi je pensais d'office qu'il y aurait une suite, mais apprendre ça après la lutte que cette lecture a été pour moi m'a complètement bloqué. Jusqu'à ce que j'apprenne ça, je lisais quand même avec l'idée qu'éventuellement une suite pourrait corriger au moins une partie des défauts. Sauf que non. Ce roman m'apparaît donc d'autant plus incomplet, notamment et surtout dans le traitement des personnages. Or, si je peux accepter une histoire moyenne avec de très bons personnages, l'inverse est pour moi impensable. Les protagonistes sont l'âme d'une histoire.

Du côté de l'intrigue,  ce fut une grosse déception également. C'est finalement très terre à terre et je m'attendais à autre chose, à un univers plus mystérieux. Mais il est finalement uniquement question de nouvelles technologies.
La conclusion est en outre trop précipitée, bâclée. Pour moi, ce n'est pas une fin digne de ce nom, c'est bien trop incomplet.

EN BREF :

Mes attentes n'ont pas été comblées concernant l'intrigue et ce roman regorge de trop de faiblesses pour moi, surtout dans le développement inexistant des personnages. Les rares personnages rayonnant d'un éventuel potentiel sont relégués à l'arrière-plan, à l'instar de tous les autres mis à part l'héroïne et son love interest...


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


Merci à la collection R de m'avoir permis cette lecture !

lundi 25 juin 2018

La Conspiration - Tome 3 : Les confins du monde

Auteur : Maggie Hall

Édition : R (site)

Pages : 392

Prix : 17,90 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Le Cercle des Douze n’est finalement pas ce à quoi s’attendait Avery… Mais elle aussi a de quoi les surprendre. Depuis la mort de sa mère, Avery se retrouve encore plus dépendante de Stellan et de Jack. Pris dans une toile de trahisons et d’attirance fatale, tous trois doivent désormais unir leurs efforts pour enrayer la plus dangereuse conspiration que le monde ait jamais connue.
De Jérusalem à Rome en passant par la Russie, du froid glacé des catacombes à la chaleur des flashs des paparazzis, Avery West va devoir affronter son destin, qu’il soit placé sous le signe du salut… ou sous celui de la destruction.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur les tomes précédents !

Dire que j'avais hâte de retrouver Stellan (mon chouchou de cette trilogie !) serait un euphémisme. Cela dit, je crains toujours que le dernier tome d'une saga soit raté et de quitter donc une série que j'apprécie sur un goût amer. C'est vraiment le pire qui puisse arriver...

En premier lieu, je dois avouer que l'intrigue m'a moins intéressé que les personnages. Mais mon désintérêt vient surtout du fait que l'univers se soit révélé vraiment cartésien, ce à quoi je ne m'attendais pas en commençant cette trilogie. Cela dit, de mon point de vue, cette conclusion se focalise plus sur la psychologie des héros, ce qui, me concernant, me va très bien.
En revanche, j'apprécie toujours les scènes d'action et les voyages ! Je n'ai également pas vu la révélation de fin arrivée. Une totale surprise ! De même concernant les secrets bien gardés de plusieurs personnages... De ce côté-là, c'est réussi !

Dans ce dernier tome, l'auteur s'attarde encore plus sur les différentes personnalités et en particulier sur la manière dont chaque personnage compose avec les évènements traumatisants qu'ils ont vécu. Les faiblesses et les failles des personnages sont mises en avant et l'auteur prouve que de ces failles peuvent naître des forces.

Avery m'a fait un petit peu peur au début, je dois avouer. Elle donnait une image dure et froide et je ne la reconnaissais pas. Mais on comprend vite que c'est sa façon de gérer les évènements horribles du tome précédent. Elle se coupe émotionnellement.
Son évolution depuis le premier tome est vraiment bien gérée. L'auteur va au fond des choses. Avery ne peut pas avoir vécu tous ces évènements et rester la même. Ce qu'elle a vécu a eu un énorme impact sur elle. Comment pourrait-il en être autrement ? L'Avery du début n'est plus là. Elle a mûrit, fait la part des choses, sait ce qu'elle ne veut plus. C'est très bien amené et surtout très agréable.
L'auteur a fait de son héroïne une personne humaine dotée d'une personnalité travaillée qui la rend totalement réaliste. Avery reste une jeune femme normale, ni super-héroïne, ni guerrière invincible, ni midinette. J'ai d'ailleurs adoré qu'Avery admette apprécier être dans une position qui lui donne du pouvoir. Elle n'est pas idéalisée et ça la rend beaucoup moins naïve. Même si elle ne compte pas se servir de son pouvoir avec de mauvaises intentions, elle aime sa position.

Stellan est tout aussi bien travaillé. Il est bardé de cicatrices à l'intérieur comme à l'extérieur. J'adore les failles de ce personnage ! Bon, après, je n'argumente même plus sur lui, c'est mon chouchou et je l'ai bien suffisamment encensé dans les chroniques des tomes précédents.

De fait, le duo d'Avery et Stellan est toujours aussi magique. En voilà une romance bien menée ! Toute en évolution encore dans ce dernier tome. Que j'adore les deux personnages indépendamment ne gâche rien.
Ces deux-là ont une relation saine où chacun fait attention aux envies de l'autre. Avery est loin de jouer les énamourées naïve et mièvre qu'elle était avec Jack dans le premier tome. La relation que partage Avery et Stellan est tout sauf cul-cul la praline (ah ça, c'est pas platonique, c'est chaud bouillant même !) et au fil du temps on peut constater le sérieux et la solidité de ce qu'ils partagent. Ils se comprennent sans avoir besoin de se parler, ont envie des mêmes choses et partagent des valeurs communes. Un couple plus que crédible en somme.
Et, l'ingrédient magique pour une romance réussie : le temps. Voilà l'essentiel pour créer un attachement crédible entre deux personnages, ce que semble avoir bien compris l'auteur. Les personnages ne s'engagent pas avant d'être sûrs d'eux.

Les autres personnages ont aussi leur place et les liens entre eux ne se démentent pas. Les épreuves sont là, les disputes aussi parfois, car il est nécessaire de crever certains abcès, mais leur amitié est solide. Même si je trouve que certains manquent un peu de consistance, dû à une présence trop faible.
L'auteur a mis également un point d'honneur à faire de ses antagonistes des humains qui ont aussi leurs bons côtés (l'Enfer est pavé de bonnes intentions comme on dit...). Le 100% méchant n'existe pas. Le 100% parfait non plus.

EN BREF :

Excellent final d'une saga où l'auteur a su faire évoluer et grandir des personnages à la psychologie bien travaillée, ce qui s'est encore plus que confirmé dans ce dernier tome. Une conclusion qui propose en outre encore des surprises et une romance menée toujours avec autant d'intelligence. L'intrigue cartésienne a cependant moins remporté mon adhésion, heureusement l'action est bien présente.



JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


Merci la collection R pour ce final !


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

dimanche 17 juin 2018

Les clans Seekers - Tome 3 : Distorseur

Auteur : Arwen Elys Dayton

Édition : R (site)

Pages : 409

Prix : 18,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Toute sa vie, Quin a été la marionnette de son père, qui en a fait une tueuse afin que le pouvoir reste aux mains de leur famille. À peine libérée de son emprise, voilà qu’elle se retrouve piégée à nouveau, otage d’un complot fomenté depuis des siècles. Toutes les pièces en sont désormais en place : l’esprit du meilleur ami de Quin, Shinobu, est corrompu ; son ennemi juré, John, s’est allié avec la Jeune Effraie, et les Veilleurs, assoiffés de sang, sont éveillés un à un.
Plus rien ne peut arrêter la force du temps.
Mais Quin refuse d’être un simple pion. Elle est une Seeker. Elle incarne la lumière dans un monde de ténèbres. Elle affrontera la vengeance venue du passé même si elle doit y perdre la vie.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur les tomes précédents !

Ma lecture du tome précédent remontant à quand même un petit moment déjà, j'avais un peu peur d'être perdue, l'univers étant plutôt complexe et original. Cela dit, j'avais quand même hâte de connaître le destin de mon duo chouchou, John et Maud !

J'ai été en définitive plutôt épatée par ce dernier tome ! Je ne m'attendais pas du tout à ce que l'auteur explore autant son univers ! Et j'en ai été plus que ravie !
Toutes les questions que l'on pouvait se poser sur les Seekers et les Effraies, ce qui pouvait nous paraître illogique dans les tomes précédents, tout trouve une réponse dans cet ultime tome, notamment à travers les chapitres de Quin, ce qui m'a rendu son point de vue beaucoup plus intéressant (étant donné que Quin m'a toujours très moyennement intéressé). L'origine des Seekers, des Effraies, de leurs équipements, on sait tout une fois ce tome-ci terminé. Et il est toujours agréable de voir une trilogie bien conclue par son auteur.

La manière dont sont fournies les réponses est de plus très addictive. J'ai adoré devoir avancer à tâtons, nourrir des doutes au fur et à mesure des indices disséminés. Et si j'ai eu quelques bonnes pistes, je n'ai pas pu deviner toutes l'étendue des révélations avant de les lire, et tant mieux.
Tout cela prouve à quel point l'intrigue est géniale, tous les éléments s'emboîtent et forment une toile logique. Les identités de certains personnages anciens et nouveaux sont dévoilées, leur jeu exposé, et je ne m'étais pas attendue à ça quand j'ai commencé la saga. L'auteur a bien joué son coup !
On voit tout de suite que l'auteur n'a pas improvisé et que son univers a été créé d'un bout à l'autre avant de se lancer dans l'écriture.

Comme dans le tome précédent, j'ai adoré tout particulièrement suivre John et Maud. Maud s'ouvre de plus en plus à son humanité et John mûrit et remet en question ce qui l'entoure et ce dans quoi il a été élevé. Ce duo de plus en plus proche au fil des pages est toujours aussi parfait et complémentaire. Et tellement inattendue lorsqu'on a lu uniquement le premier tome.
Les chapitres concernant Nott et Shinobu m'ont beaucoup moins intéressé en revanche. Nott balance entre bien et mal en permanence tandis que Shinobu ne fait que souffrir tout au long de ce dernier tome.

L'épilogue quant à lui est parfait pour une fin de saga. Revoir les personnages quelques années plus tard et avoir un aperçu de ce qu'ils deviennent est exactement ce que je souhaite lire dans un épilogue. J'aurais aimé que deux personnages soient montrés un peu plus loin dans le temps, à un meilleur moment, car cela m'a paru bien froid. Mais à part ce léger bémol, la conclusion de cette saga est parfaite à mes yeux.

EN BREF :

Je garde de cette saga un univers original et inventif, des personnages humains, complexes et capables d'évolution. Une trilogie mature où tout n'est pas blanc ou noir et à l'univers souvent dur et sans concessions. Cette conclusion propose en plus un univers exploré et exploité de fond en comble, ce qui est le gage d'un dernier tome réussi. La boucle est bouclée. Une saga à recommander !


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


Merci à la collection R !


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

mardi 13 février 2018

Les Portes du paradis

Auteur : Melissa de la Cruz

Édition : Wiz Albin Michel (site)

Pages : 377

Prix : 13,50 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Londres. Lieu de la confrontation à mort entre sang-bleu et sang-d'argent
Si la bataille est inévitable, les deux camps ignorent ce qui la déclenchera.
Plus que le combat, Theodora craint de se retrouver face à son grand amour et de perdre la guerre. Sans imaginer une seconde que, dans cette lutte sans merci, les deux sont liés...


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur les tomes précédents !

Voilà une éternité que cet ultime tome de la saga Les Vampires de Manhattan traîne dans ma bibliothèque. De fait, j'avais un peu peur d'être complètement perdue voire de ne plus apprécier autant cette saga commencé il y a des années. Mais bon, il fallait bien la finir un jour ou l'autre.

Si j'en doutais, c'est finalement avec un immense plaisir que j'ai replongé dans l'univers de cette saga. Utiliser les anges et l'histoire biblique pour expliquer l'existence des vampires me paraît toujours aussi ingénieux, original et intéressant.

Ce dernier tome, à travers des chapitres passés du point de vue de la mère de Théodora, s'attèle à raconter comment Bliss est venue au monde. Forcément, cela fait un moment qu'on se demande comment Lucifer et Allegra ont pu avoir un rejeton ensemble au vu de leurs antécédents...
À côté de ces flashbacks, on suit encore Mimi (toujours aussi géniale !) et Théodora (dont je me fiche comme d'une guigne). Mimi est toujours égale à elle-même, toujours dotée de son sacré caractère et reste mon personnage favori. D'ailleurs, en toute honnêteté, seuls les chapitres flashbacks et ceux concernant Mimi m'ont vraiment accroché. À vrai dire, je crois que je pourrais lire un tome entier rien qu'avec le point de vue de Mimi.

Cela dit, une surprise est venue de Théodora. Elle qui m'agaçait continuellement dans les tomes précédents, je l'ai trouvé ici relativement supportable. Peut-être parce que Jack n'est pas dans les parages... Ce qui l'empêche du coup de jouer les amoureuses tragiques. Toujours est-il que Théodora prend ici les devants, elle est beaucoup plus mûre dans son comportement et ses décisions (le temps passe en même temps !), elle découvre sa famille et - chose ô combien surprenante - ne place pas sa romance avec Jack au-dessus de tout. C'est une décision qui m'a surprise positivement.  En revanche, les fans du couple Jack/Théo risquent d'être déçus puisqu'ils n'apparaissent ensemble qu'à la toute fin (honnêtement, je m'en fous complètement vu que ces deux-là ne m'ont jamais intéressé).
Mimi et Kingsley apparaissent, eux, plus souvent, mais les circonstances n'aidant pas (rappelons que Mimi est forcée de servir Lucifer), ce n'est pas assez à mon goût. Cela dit, je les adore toujours autant ! Aucun n'a l'ascendant sur l'autre, ils forment un duo à la fois explosif et équilibré. Ils sont égaux et c'est le genre de relation qui fait plaisir à voir.
Le personnage d'Oliver me laisse par contre un goût amer. Je ne l'ai plus reconnu et la conclusion le concernant me laisse on ne peut plus perplexe. Je ne comprends pas ce virage à 180 degré de sa part et c'est pour moi une immense déception. Où est passé le jeune homme gentil et loyal ? 

Avant de lire ce dernier tome, j'avais lu le recueil de nouvelle Bloody Valentine qui m'a bien servi pour comprendre Oliver (en partie en tout cas...), mais le plus nécessaire est sans doute de lire le spin-off sur Bliss et les loups. Que je n'ai pas lu. Et j'aurais dû. Certains éléments de l'intrigue côté Bliss restent très flous à mes yeux. Même si l'auteur place quelques rapides explications, on sent tout de suite qu'on a manqué un gros pan de l'histoire. Le point de vue de Bliss m'a donc moins intéressé et je n'ai pas pu m'attacher aux personnages qui l'accompagnaient ni comprendre comment elle est entrée dans leur meute. La lecture de ce spin-off me paraît donc nécessaire avant de commencer ce dernier tome.

L'intrigue tourne en outre pas mal en rond, du côté de Bliss et Théodora en particulier (même si l'auteur maîtrise toujours à la perfection les cliffhangers à chaque chapitre, dur de ne pas lire le suivant à chaque fois...). Un pas en avant et deux pas en arrière pourrait être le credo de ces chapitres. Ça piétine et quand Théodora prend le temps d'aller voir sa famille qu'elle ne connaît pas alors que la guerre est aux portes du monde, j'ai l'impression qu'on se paie ma tête. Ce moment est totalement incongru. On pourrait même croire que l'auteur meuble.
Quant à l'affrontement final que j'attendais fébrilement, c'est un soufflé qui gonfle, qui gonfle et puis pschiiiiiiitt ! Tout se dégonfle pitoyablement. Deux pages ! Une bataille pas du tout décrite, du coup des morts constatées après coup qui ne touchent pas. Je suis très déçue. J'en attendais beaucoup plus. J'ai eu l'impression que l'auteur a un peu esquivé une partie qu'elle ne se sentait peut-être pas d'écrire. Mais comme j'adore la fin de Mimi et Kingsley, tout va bien.

EN BREF :

Un univers toujours aussi intéressant mais une partie de l'intrigue nécessite la lecture du spin-off sur Bliss pour une meilleure compréhension (voire une compréhension tout court). Mimi est toujours aussi géniale et restera parmi mes personnages favoris. En revanche, l'affrontement final est totalement bâclé et si le sort de Mimi et Kingsley (le plus important à mes yeux) me convient parfaitement, certains personnages connaissent des fins décevantes.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

samedi 27 janvier 2018

La Passe-miroir - Tome 1 : Les Fiancés de l'hiver

Auteur : Christelle Dabos

Édition : Gallimard Jeunesse (site)

Pages : 519

Prix : 18 €

Public : 12 ans et +

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Résumé :

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Si je me souviens bien (ce qui n'est pas toujours le cas...), j'ai survolé ce premier tome lorsqu'il était disponible à la lecture en tant que participant au concours premier roman Gallimard. C'est d'ailleurs le seul que je suis allée lire car c'était le synopsis le plus intéressant à mes yeux. Après, le roman étant disponible uniquement en ligne et la lecture sur PC étant une horreur pour mon crâne, je n'avais fait que le survoler. Heureusement, j'ai été ravie d'apprendre à la fin du concours que ce roman avait gagné ! Bref, tout ça pour dire que, même si j'ai mis longtemps à l'acquérir, cet achat était prévu depuis belle lurette.

Dès le premier chapitre, ce qui saute immédiatement aux yeux c'est : l'univers. L'imaginaire sans limite de l'auteur a concocté un monde aux multiples influences. Harry Potter et Miyazaki font parti entre autres des noms qui m'ont traversé l'esprit. Un bon point qui m'a rappelé l'une de mes récentes lecture Enfant du Chaos d'Eva Simonin.
J'ai apprécié en particulier les influences historiques de l'univers, que ce soit au niveau des costumes, des décors et des mœurs. Le Pôle est d'ailleurs une arche de faux-semblants, de tromperies et de manipulations jusque dans ses décors. L'univers est une véritable découverte, il est unique en son genre et pousse toujours plus loin les limites de l'imagination.

Du côté des personnages, Ophélie a, en tant qu'héroïne, tout à fait rempli le contrat pour moi. Extérieurement, elle est très fragile, et la pauvre n'y peut pas grand chose, mais elle est dotée d'un mental d'acier. Elle ne parle que très peu, mais si elle doit dire quelque chose elle saura se faire entendre. Discrète, silencieuse, on pourrait la croire à tort soumise et faible de caractère, mais il n'en est rien, et Thorn en fera les frais. J'ai apprécié voir la timidité et la discrétion ne pas être forcément associé à un caractère malléable. Ces deux traits de caractère n'empêche pas d'avoir de fortes opinions. Elle ne parle certes pas à tort et à travers, n'est pas une tête brûlée, mais elle connaît ses valeurs et ne laissera personne les lui enlever.
C'est donc une héroïne comme je n'en ai lu nulle part ailleurs, et ça fait du bien ! Surtout que je m'attache rarement aux héros, mais cette petite Ophélie, je l'aime bien. Je parviens à la comprendre, à m'indigner contre les gens qui la méprisent. Certainement car elle est pourvue de traits de caractère que la société dénigre mais auxquels j'ai pu m'identifier.

Venons-en maintenant au sujet épineux qu'est Thorn (il m'a fallu quelques secondes pour me rendre compte de ce jeu de mots non voulu....). Autant vous avouer que, contrairement à Ophélie, on ne peut pas dire qu'il m'ait fait bonne impression dès le début. Impoli, sec, méprisant et taiseux, on peut dire qu'il en tient une bonne couche ! J'aurais aimé que l'auteur nous fasse quand même un peu rêver ne serait-ce que physiquement (superficialité, bonjour) parce que sa personnalité m'a fait l'effet d'une douche à température négative.
Ce sont dans les moments où il se décompose, où il baisse sa garde que je me suis finalement surprise à l'apprécier. Car ce sont dans ses moments de vulnérabilité (somme toute relative...) que l'on voit l'homme brisé derrière la façade d'acier. La découverte de son passé plus tard dans le roman permet de mieux le comprendre (même si cela n'excuse pas tout !). Sa vie a tout d'un cauchemar, et ce, depuis sa naissance. Il a été forgé dans dans la souffrance et le rejet et cela l'a rendu plus dur qu'un roc.
Malgré des débuts compliqués, j'ai donc fini par apprécié la complexité de ce personnage. Et vu le caractère de Thorn, j'avais peur que celui-ci soit trop silencieux, mais s'il l'est bien au début, il finit par prendre sur lui au fil du roman et par communiquer (même si l'on voit qu'il se fait violence).

Et à mes yeux, la relation entre Thorn et Ophélie est parfaitement bien menée. Voir Thorn perdre ses moyens est un pur délice tant il se montre froid et inflexible la plupart du temps. Et pour une fois le rôle féminin est tout sauf attirée par le rôle masculin. Il est d'ailleurs curieux et surprenant de voir le plus froid des deux éprouver plus de sentiments qu'il ne le voudrait quand l'héroïne n'est pas du tout intéressée et n'en fait pas mystère.
Ce début de romance a dans son évolution un air d'Orgueil et préjugés, ce qui n'est pas du tout pour me déplaire. Bien au contraire. Je regrette simplement que les rencontres ne soient pas plus nombreuses entre eux et de ne pas savoir quand ont commencé à évoluer les sentiments de Thorn à l'égard d'Ophélie. La romance n'en est qu'à ses balbutiements, tout reste à faire, ce qui est parfait pour un premier tome. Leur relation n'est pas envahissante et tout sauf mielleuse. Elle est si discrète que chaque mot, chaque regard, chaque hésitation revêt une importance. Cela dit, l'intrigue ne repose pas non plus sur leur histoire et pourrait tout à faire exister sans.

Concernant les autres personnages, même si certains d'entre eux paraissent simplistes au début (la famille d'Ophélie notamment), l'auteur finit toujours par creuser un peu plus profond et par déterrer des aspects positifs chez chacun. Ce fut le cas par exemple pour la tante d'Ophélie, que je trouvais très superficielle comme personnage au début mais que l'on découvre autrement par la suite.
Chaque protagoniste a deux faces et beaucoup d'habitants du Pôle sont si tordus qu'on ne sait plus quel est leur vrai visage. Personnellement, c'est Archibald que j'aimerais beaucoup découvrir plus avant. Il a tout d'un chapelier fou, mais si l'on creuse, je suis persuadée de trouver un aspect plus profond et sérieux chez lui, et c'est ce qui m'intéresse le plus.
In fine, je suis plutôt satisfaite du traitement des personnages. Certains cachent même si bien leur jeu que je me suis fait bien avoir.

L'intrigue, si elle ne contient pas d'action à proprement parler, est tout de même très addictive. On a plutôt affaire à une intrigue politique tout en secrets, mensonges, manipulations, apparences et assassinats.
Ophélie est plongée dans un bien sombre guêpier à cause de Thorn. La pauvre va en prendre plein la figure. Je me demande encore comment elle réussi à garder sa santé mentale et physique ! Heureusement, même si elle doit se méfier de tout et tout le monde, elle a des personnes sur qui compter.

Narré à la troisième personne, du point de vue d'Ophélie, l'apport d'autres points de vue ne m'a curieusement pas manqué, le roman étant plutôt bien complet (si ce n'est que j'aurais aimé avoir accès à l'évolution des sentiments de Thorn). Et concernant le style, je n'ai rien à redire, c'est un très bon équilibre et une belle façade qui colle à l'univers dévoilé.

EN BREF :

Une héroïne qui sous sa discrétion et ses silences ne s'en laisse pas compter, une relation houleuse qui ne fait que démarrer, un univers unique et surprenant, une intrigue mystérieuse et palpitante et des personnages complexes et ambivalents. Un bon premier tome !


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une saga de 4 tomes.
  • Le tome 2 Les Disparus du Clairedelune et le tome 3 La Mémoire de Babel sont déjà disponibles chez Gallimard Jeunesse.
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