Édition : Michel Lafon (site)
Pages : 453
Prix : 16,95 €
Public : 15 ans et +
Commander le livre : sur Amazon
Résumé :
JE SUIS LEUR UNIQUE ESPOIR
JE LEUR ÉCHAPPERAI
PERSONNE NE PEUT M'ATTEINDRE
JE LES BRISERAI
L'AIMER C'EST LE CONDAMNER
L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :
Attention : risque de spoilers sur le tome précédent
Le premier tome de cette saga, alors même que sa couverture ne m'emballait pas des masses et que le fameux style de l'auteur me laissait sceptique, avait finalement été un coup de cœur absolu. Cette suite était donc très attendue de ma part, et elle ne fût pas décevante, bien au contraire. L'auteur a réussi son doublé !
Dès le début, je me sentais repartie pour un coup de cœur, et ça n'a pas loupé. Il faut reconnaître que le style est vraiment une des forces indéniables du roman. Pourtant, d'habitude, pour moi, le style d'un auteur est davantage là en tant qu'utilitaire, tant que c'est lisible et clair, je n'y fais pas vraiment attention. Mais dans cette saga, le style fait complètement partie de l'histoire.
L'auteur trouve toujours les mots justes pour nous faire ressentir une scène de manière intense. On ressent les émotions à 1000% ! L'auteur a une plume magique (et je pense qu'on peut dire aussi merci au traducteur, car je ne sais pas si le style est restitué avec fidélité, mais l'émotion, elle, est bien là). J'ai l'impression parfois de lire un poème, mais un poème passionnant.
Bon, je me rend bien compte que j'encense pas mal le style - et encore, le mot est faible ! - mais je suis toujours autant admirative après la lecture de ce deuxième tome. D'autant que ce n'est pas juste un style différent des autres, c'est aussi celui qui correspond totalement au personnage de Juliette. Qui fait que je la comprend, même lorsqu'elle peut paraître agaçante.
Car, en effet, Juliette pleure souvent, il est vrai. Se morfond tout autant aussi. Mais elle est si fragile, un vrai petit oiseau blessé, une petite poupée cassée de l'intérieur, qu'elle m'attendrie plus qu'autre chose.
Ce tome 2 suit surtout son évolution. Une évolution qu'elle devra surtout à Kenji, mais aussi aux autres personnages secondaires. Au début complètement à part du groupe, elle finit cependant par s'intégrer et par gagner en confiance et en indépendance au fil du récit (indépendance en particulier par rapport à Adam : elle apprend à ne plus vivre par lui - car elle se rend compte que c'est ce qu'elle fait -, ce qui est un très bon exemple pour les lecteurs). Et elle qui ne fréquentait personne depuis longtemps, s'attache à certaines personnes, prend des responsabilités. Le chemin sera certes long, et elle aura parfois besoin que quelqu'un lui balance ses quatre vérités, mais elle le parcourt jusqu'à devenir cette guerrière dont la résistance aura besoin. Une jeune femme qui accepte ce sont elle est capable. Et fatalement, plus on avance, plus Juliette est dans l'action. Par ailleurs, j'ai trouvé très intéressant qu'on explore une face plus sombre de Juliette. Un côté du personnage presque à la Dr Jekyll et Mr Hyde.
Sentimentalement, elle devient hésitante, mais bien malgré elle. Honnêtement, comment la blâmer ? À sa place, je serais tout aussi perdue. Sa romance avec Adam est semée d'embûches. On finit par se demander quand le sort finira enfin de s'acharner sur eux. D'autant que le camp de la résistance n'offre que très peu d'intimité, ce qui s'avère problématique pour eux, en plus des découvertes faite sur Adam. Et puis à côté de ça, elle découvre de plus en plus Warner et éprouve des sentiments très contradictoires à son sujet, ce qui n'aide pas.
En parlant de Warner... Ah, Warner... Je vous préviens, il met quand même du temps à réapparaître dans le récit, mais une fois qu'il est là, je dois dire qu'il éclipse presque tous les autres dans l'esprit du lecteur. On avait déjà aperçu des fissures chez le personnage dans le tome précédent, et cette suite nous permet de les explorer un peu plus, sans toutefois aller aussi loin qu'on ne le voudrait. L'auteur en garde encore sous le coude.
Warner est un jeune homme brisé en mille morceaux, tout autant que Juliette, mais qui s'est reconstruit de travers. Les facettes de sa personnalité restent multiples, ambivalentes. Quel complexité ! Quel personnage ! À la fois passionné, froid, vulnérable, sans pitié. Vraiment, je suis toujours aussi fan ! Même si j'ai bien l'impression que c'est le genre de personnage destiné à mourir. Et je ne veux surtout pas ça car, même si Adam aussi a souffert, Warner est complètement seul, lui. Mais peut-être l'auteur me surprendra-t-elle dans la suite ? Je l'espère ! En tout cas, je meurs d'envie de lire la nouvelle intermédiaire du point de vue de Warner (et c'est bien la première fois qu'une nouvelle intermédiaire me donne envie à ce point !).
Juliette, et par extension le lecteur, apprend également à mieux connaître Kenji, qui devient un personnage encore plus important ici. Il est toujours aussi hilarant (je me marre toujours autant en lisant ses répliques !) et je suis ravie que l'auteur ne l'ai pas relégué au second plan (pas comme certains autres auteurs...). Au contraire, comme je le disais, il est même de plus en plus important. De plus, l'auteur n'en a pas fait juste le "mec drôle" de base, rôle on ne peut plus déjà-vu. On découvre aussi les côtés sérieux de sa personnalité : responsable, réfléchi. Il n'a pas un rôle anodin au sein de la résistance.
Au niveau des personnages secondaires, j'ai aussi bien apprécié le personnage de Brendan, que je trouve trop chou (et j'assume !). Et la relation presque père/fils entre Castle et Kenji est très touchante, très belle.
Dommage, par contre, qu'il n'y ait pas de personnages féminins importants...
Côté romance, même en restant destinée à un public d'adolescents et de jeunes adultes, l'auteur réussi à mettre une électricité, une intensité avec les mots qui vaut largement toutes les romances adultes. (J'essaie de me remettre là... Pfiou !) Les moments entre Adam (ou même Warner) et Juliette sont du coup d'une réussite à s'en éventer (tellement on finit pas avoir un peu trop chaud...).
Concernant l'intrigue, on explore les personnages et leur passés plus en détails, principalement chez Adam, Warner et Kenji. Plusieurs révélations sont faites auxquelles je ne m'attendais pas du tout pour ma part, surtout concernant certains personnages.
On en découvre également plus sur le Rétablissement, la façon dont ils ont pu arriver au pouvoir et l'étendu de leur influence. La révolte commence d'ailleurs à gronder chez le peuple, exacerbée par les actions de la résistance.
On est pratiquement toujours en huis-clos ici puisque, forcément, la résistance se cache, confinée dans son abri souterrain. Mais cela ne rend pas l'histoire moins passionnante. D'autant que plus Juliette s'intègre à la résistance, plus elle participe à ses activités, et plus on assiste à des scènes d'action au sein de la résistance. On découvre donc plus en détails les véritables activités de cette résistance souterraine et leur organisation qui fait que tous ces éléments s'en sont sortis depuis tout ce temps.
EN BREF :
Le premier tome avait été un tel coup de cœur que je ne pensais pas que la suite pourrait être à la hauteur. Que me suis-je fourvoyée ! Du grand Art ! Et je n'ai pas peur de parler d'Art avec une majuscule. L'auteur sait tout faire : créer des personnages complexes et fascinants, un univers entraînant, des romances intenses, des scènes d'action. Le tout avec une écriture, des mots qui prennent aux tripes.
J'en viens à avoir peur de lire le dernier tome, car ça ne peut pas finir à 100% positivement. Et puis je n'ai pas envie que ça se termine...
JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :

Un grand merci aux éditions Michel Lafon et à Livraddict pour ce partenariat !
LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...
- Chronique du tome précédent :