mardi 3 novembre 2020

He is a beast ! - Tome 1 + 2

Auteur : Saki Aikawa

Édition : France Loisirs (site)

Pages : 408

Prix : 10,50 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

La mère de Himari va se remarier, elle va donc devoir retourner dans sa ville natale qu’elle avait quittée depuis quatre ans.
Lors de la rentrée scolaire, elle découvre que Keita Ôgami, qui passait son temps à la tourmenter étant petite et à cause de qui elle a peur des hommes, se retrouve dans le même lycée qu’elle ; pire encore... dans la même classe ! Heureusement qu’il y a toujours le gentil Sasaeki. Mais pas de chance pour la jeune fille, Keita est toujours aussi désagréable.
Dépitée, Himari rentre le soir même découvrir sa nouvelle maison et faire la connaissance de son beau-père et de son fils. Elle était loin de s’imaginer que c'est en fait le père de Keita...


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :

Cela faisait bien dix ans que je n'avais pas commencé une nouvelle série de manga ! Celle-ci m'a fait de l'oeil quand je me suis rendue à France Loisirs (en tout bien tout honneur, évidemment). Et même si les stéréotypes très récurrents dans les mangas m'agacent, je me suis dit qu'un bon petit shôjo ne pouvait pas faire de mal.

Tout d'abord, soyons honnête, quand je choisi un manga, c'est le dessin que je regarde en premier. S'il me déplaît, autant vous dire que je ne vais pas chercher plus loin (oui, c'est peut-être un tort). Ici, graphiquement, c'est fin et plutôt détaillé. Les yeux sont bien rendus, bourrés de détails (comme dans pratiquement tous les shôjo). Le style de la mangaka s'apprécie et ne plonge pas dans les extrêmes. Quant aux décors, ils restent simplistes, rien de notable de ce côté-là. Bref, c'est agréable à regarder. 
Le seul bémol à noter, c'est lorsque la mangaka dessine des visages de trois-quart : l’œil le plus éloigné est si différent du premier que ça devenait gênant pour moi. Cela reste un détail certes, mais qui m'a suffisamment dérangé pour le noter.

Du côté de l'histoire, le postulat de départ est relativement banal pour un shôjo. Autant vous dire que si c'est de l'originalité que vous cherchez, passer votre chemin. Heureusement, je n'étais pas particulièrement à la recherche d'originalité. C'est drôle et mignon, et les deux héros se chamaillent comme pas deux, ça m'a suffit pour ne pas bouder mon plaisir. 
En revanche, je suis toujours aussi exaspérée de voir qu'une romance entre demi-frère et demi-sœur puisse provoquer autant de scandale quand on sait qu'ils ne partagent strictement AUCUN lien de sang (je pense notamment à Lovely Devil et ses adaptations en drama). Enfin, pour l'instant, exceptionnellement, ce manga n'a pas abordé le problème sous cette angle encore (j'ai hâte...). Mais j'ai peur pour la suite (je croise les doigts...).

L'héroïne est plutôt sympathique et ne se laisse pas trop marcher sur les pieds (alléluia !). Au début en tout cas. Elle ne tombe pas non plus sous le charme du personnage masculin facilement, et c'est un vrai gros plus. Mais ça pourrait être mieux, il faut l'avouer.
Et justement, à propos du personnage masculin, Keita est clairement un petit con. Il a certes un design réussi et ses bons moments, mais il reste quand même un petit con. Ses faits et gestes envers l'héroïne sont parfois très limites. Heureusement, il sait s'excuser. Et malgré cela, j'ai apprécié le voir tomber en premier sous le charme de l'héroïne qui, elle, n'est pas du tout attiré (vu le comportement de Keita, ça se comprend !). C'est un schéma qui m'amuse pas mal.
Concernant les personnages secondaires, je n'ai pas grand chose à dire malheureusement. J'aurais aimé en voir plus, en particulier des rôles féminins. Parce que là, mis à part Saeki (très largement sous développée), c'est la pénurie...

EN BREF :

Un shôjo sans prétention, c'est drôle, mignon, mais ça n'est pas non plus l'apothéose. Reste à savoir si le héros au comportement carrément limite va évoluer, car pour l'instant, on n'a pas trop envie de le trouver charmant malgré une patte graphique très agréable à l’œil en général... 


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce manga est le premier tome d'une série de 7 doubles tomes. Cette série est à l'origine publiée chez Soleil Manga en 13 tomes (série terminée).
  • Ce manga est en rupture définitive pour la version double tomes de France Loisirs.

vendredi 30 octobre 2020

Grisha - Tome 2 : Le dragon de glace

Auteur : Leigh Bardugo

Édition : Milan (site)

Pages : 430

Prix : 16,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Un pays déchiré par la guerre civile.
Une jeune femme idolâtrée, rongée par ses propres pouvoirs.
Un corsaire flamboyant et mystérieux.
Un soldat renégat, en proie aux doutes.
Une menace grandissante.
Un danger imminent.
Pour s'opposer au Darkling, Alina devra explorer ses propres ténèbres. Au risque d'y perdre sa lumière.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

Après l'abandon de la publication de la saga par Castelmore, j'ai bien failli me débarrasser du tome 1 et me lancer dans la VO. Heureusement, le succès de la saga spin-off Six of Crows m'a redonné l'espoir d'une récupération de la trilogie originale par Milan, ce qui heureusement a été le cas. J'aurais été dégoûtée de voir encore une saga de fantasy pour jeunes adultes me passer sous le nez... surtout que le premier tome m'avait vraiment plu !

Au niveau de l'intrigue, ce tome 2 est beaucoup plus politique que le premier, et l'histoire contient moins d'"action" à proprement parler. Et ce n'est pas un mal, car une tension peut être conservée même sans action physique. Mais au final, ici, il faut reconnaître que l'intrigue traîne pas mal (comme dans de nombreux tomes 2 de trilogies en réalité) et paraît allonger le roman pour pas grand chose. On sent complètement qu'on lit un tome de transition.

Heureusement, Alina s'affirme nettement dans cette suite. Et c'est très certainement le point le plus positif du roman ! Elle apprend mais n'oublie pas d'où elle vient, et c'est ce qui lui permet d'apporter des changements drastiques, certes difficiles à accepter pour les Grishas, mais qui les poussent vers plus d'ouverture. Elle a plus de responsabilités et le gère très bien : avec maturité mais en conservant ses valeurs. Elle apprécie son pouvoir, et ce même s'il prend parfois le dessus sur elle. Mais je trouve cela très intéressant à explorer pour le personnage qui de ce fait devient moins manichéen. Cela dit, en dépit de ses décisions matures, Alina reste encore trop dépendante de Mal et cela dessert son personnage qui perd en crédibilité. C'est certainement le seul reproche que je pourrais faire à cette héroïne pour le moment.

Le personnage de Mal m'a par contre TOTALEMENT insupporté dans cette suite ! Bien qu'il me laissait relativement indifférente au début, il est devenu au fur et à mesure du déroulement des évènements im-bu-va-ble. Il est aigri en permanence et donne l'impression d'envier les Grisha et le pouvoir d'Alina. Il aimerait d'ailleurs bien qu'Alina reste sa petite possession fragile... Il en devient même jaloux de sa vie sentimentale alors qu'il batifole comme pas deux à côté. L'hôpital qui se fout de la charité en somme...

Tous les autres personnages n'ont pas beaucoup de place dans cette suite, excepté Nikolai, qui est un personnage dont je ne sais pas encore trop quoi penser. Et cette esquisse de triangle amoureux dont il fait partie me déplaît fortement. Pourtant, en lui-même, Nikolai est sympathique, mais on ne voit pas encore assez ses fêlures pour qu'il ait un réel intérêt à mes yeux. Il est certes intéressant, atypique, mais on ne sait pas où est le vrai Nikolai et donc sur quel pied danser. Il a donc du potentiel à exploiter mais ce n'est pas encore suffisamment bien fait ici.
Le Darkling est, quant à lui, beaucoup plus effacé cette fois-ci, et c'est fort dommage car j'aimais beaucoup la dualité du personnage que l'on observait dans le tome précédent. C'est un des points qui m'a énormément déçu dans ce tome 2... L'auteur avait réussi a en faire un personnage très ambigu et charismatique dans le premier tome et il donne maintenant juste l'impression de remplir le rôle typique et conventionnel du méchant (en gardant heureusement un peu de son charisme, merci !).

EN BREF :

Un tome 2 qui met en valeur Alina de belle façon : son personnage mûrit, ses pouvoirs également, et sa dualité est bien explorée. Cependant, l'intrigue se traîne et les personnages secondaires sont trop en retrait, excepté Mal qui devient insupportable.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Chronique du tome précédent :

samedi 24 octobre 2020

La Passe-miroir - Tome 2 : Les Disparus du Clairdelune

Auteur : Christelle Dabos

Édition : Gallimard Jeunesse (site)

Pages : 551

Prix : 19 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l'entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d'une redoutable vérité.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

Ayant gardé un très bon souvenir du premier tome, il ne me fût pas difficile de commencer cette suite. J'avais même hâte de retrouver Ophélie, Thorn et cet incroyable et imaginatif univers qu'a cuisiner l'auteur !

Comme prévu, j'ai retrouvé avec plaisir cette héroïne unique qu'est Ophélie ! Et qui fait toujours autant preuve d'un courage hors-norme en dépit de ses faiblesses (c'est ce qui fait la force du personnage et surtout, ce qui la rend très attachante). La petite naïve (mais pas cruche !) ne sait même pas qu'elle tient le cœur de Thorn entre ses mains, et ça, c'est toujours aussi jouissif à lire ! Voir un petit bout de femme timide et physiquement fragile réussir à déstabiliser ce grand dadais taciturne de Thorn me régale toujours autant. On peut par ailleurs constater que c'est toujours Ophélie qui met plus de temps à avoir les yeux en face des trous concernant leurs sentiments. Leur histoire est par conséquent tout en progression dans ce tome également puisque Ophélie se voile encore la face, mais ce ne serait pas drôle sinon.

En revanche, dommage que Thorn soit un peu trop absent dans cette suite. Cela dit, pour compenser, on en découvre bien plus sur lui, sur ce qui a forgé la personne qu'il est devenu et le but qu'il poursuit réellement. Un mal pour un bien en somme (mais l'idéal aurait été d'avoir les deux...). 
À noter que j'ai grandement apprécié le voir se dévoiler un peu plus ici. Il est aussi beaucoup plus démonstratif envers Ophélie. Certaines réactions de sa part prouvent sans équivoque qu'il ne lui est pas insensible et qu'elle le déstabilise toujours un peu plus. Ou alors je commence à mieux le connaître... En tout cas c'est ce que j'attendais, j'en suis donc ravie. Ce tome contient d'ailleurs sa part de belles déclarations à Ophélie. Comme quoi, quand il veut il peut le gredin ! Enfin, toujours est-il que Thorn reste tout de même Thorn et qu'il est souvent très frustrant, mais c'est son caractère, sans ça on ne le reconnaîtrait pas. En revanche, il est toujours aussi intègre, on ne peut pas lui enlever ça. 

Concernant les personnages non principaux, je suis plutôt déçue de ne pas en avoir vu plus concernant Archibald, l'un de mes personnages favoris. Quelques passages nous laissent entrevoir le véritable Archibald derrière la façade enjouée et batifoleuse, mais ce n'est pas encore assez pour moi. Il faut que ses fêlures se creusent, qu'il ne devienne pas juste un side-kick uniquement présent pour ajouter une touche de drôlerie. On est sur la voie, mais j'en attends plus dans la suite.
Et je regrette toujours autant le manque de personnages de l’âge d'Ophélie, que ce soit garçon ou fille. Mais cela n'en rend pas non plus le roman plus mauvais.

Du côté de l'univers, ce tome 2 nous permet de découvrir enfin le monde en-dehors du Pôle, et les politique qui y sont menées et qui diffèrent selon les Arches. Encore une fois, conflits, trahisons et manipulations sont de la partie et toujours autant mis en valeur par une écriture ciselée.
Si une bonne part de l'intrigue est sous forme d'enquête, ce qui normalement n'est pas franchement ma tasse de thé, fort heureusement, elle reste étroitement liée à la trame principale : le Livre de Farouk et les origines de la brisure du monde.

EN BREF :

Une suite digne de son premier tome. Le style y est toujours aussi impeccable, l'univers cuisiné aux petits oignons et Thorn et Ophélie forment un duo addictif qu'on aimerait voir plus souvent (c'est mon principal regret). Dommage que les personnages secondaires manquent toujours de place en revanche.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Chronique du tome précédent :

samedi 28 septembre 2019

Le Dernier Royaume - Tome 5 : L'Ouragan de cristal

Auteur : Morgan Rhodes

Édition : Michel Lafon (site)

Pages : 423

Prix : 15,95 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Magnus et Cléo devront tester la force de leur amour face au retour du terrible roi du Sang, en quête de rédemption.
Lucia, enceinte de l’enfant d’une Sentinelle, est prête à tout pour accomplir la prophétie qui assurera la survie de son enfant, avant que la magie en elle s'éteigne définitivement.
Amara a pris le trône de Mytica de force mais se retrouve dans l’incapacité de déchaîner la magie de l'Eau du cristal qu’elle a volé. Sans ce pouvoir, la gloire et la vengeance restent hors de portée.
Jonas, de retour à Mytica, souhaite renverser Amara, mais le destin le pousse sur le chemin de la belle princesse Lucia qui entraîne le rebelle dans une périlleuse aventure.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

Bien que j'adore cette saga depuis le début, je trouve qu'elle ne va malheureusement pas en s'améliorant... C'est donc un chouïa moins intéressée que j'ai commencé ce tome (même si je me suis jetée dessus pour l'acheter quand même, parce qu'on ne sait jamais).

Depuis un petit moment, la saga commence à traîner en longueur, et surtout, s'attarde trop sur Cléo et Magnus. On voit que l'auteur veut les mettre en avant, même si c'est au détriment d'autres personnages qui se retrouvent mis au rebut. Cela donne par moment l'impression que l'auteur fait carrément du fan service car elle sait que Magnus est le personnage le plus populaire de sa saga.
Personnellement, j'en ai soupé du prince torturé, alors qu'on laisse la place aux autres. Certaines répliques de Magnus sont par ailleurs tellement clichés que c'en est ridicule et son côté prince sombre et torturé devient ô combien lassant. On a vraiment l'impression que Magnus ne vit qu'à travers ce trait de personnalité et que l'auteur en fait tout un flan et mise tout là-dessus quand, pour moi, on en a fait le tour. Combien de fois j'ai levé les yeux au ciel en lisant... Et Cléo n'est pas mieux puisqu'elle est tellement idéalisée qu'elle en devient une Mary-Sue.

Sans compter qu'au-delà de Cléo et Magnus pris individuellement, le duo qu'ils forment n'arrange rien... Le favoritisme pour le couple Cléo/Magnus est évident alors même qu'il ne figure pas parmi mes favoris (deux sang bleu, forcés de se marier et qui tombent dans les bras l'un de l'autre, comme c'est commode...). On en a clairement fait le tour de ces deux-là, mais l'auteur leur créé sans arrêt des disputes qui allongent inutilement le roman, qui n'a déjà pas beaucoup de pages. Ces passages auraient pu être utilisés pour développer d'autres personnages tant qu'à faire.
Il aurait par exemple été préférable de mettre un peu de côté Magnus et Cléo (dont on a fait le tour maintes fois...), pour faire un peu de place au nouveau duo de Jonas et Lucia qui, en plus de n'apparaître que dans le dernier quart du tome (ce que ne laisse pas entendre le résumé...), ont très peu de place. Comme leur duo est pourtant annoncé en quatrième de couverture, je m'attendais à le voir débarquer assez vite, mais ce fût tout le contraire. Sachant qu'il ne reste plus qu'un tome dans cette saga, j'envisage le pire... Car vu qu’ils ne se rencontrent que dans le dernier quart du roman, et si Magnus et Cléo continuent d'envahir la saga à tout bout de champ, le développement risque d'être trop faible. Cela dit, même si je préférais Cléo et Jonas, je dois reconnaître que le nouveau duo de Lucia et Jonas a du potentiel.

Étrangement, alors qu'elle n'est pas le personnage le plus attachant qui soit, j'ai trouvé Lucia plus intéressante que Cléo. Elle cherche le repentir mais garde un côté hautain et la fâcheuse habitude de recourir à la violence pour obtenir ce qu'elle veut. Certes, on peut se demander où est la Lucia altruiste du premier tome (le changement est plus que radical...), mais au moins ses défauts font d'elle un personnage avec beaucoup plus de relief que la parfaite, prévisible et ennuyeuse Cléo.
Amara est quant à elle un antagoniste réussi dans le sens où j'ai des sentiments mitigés envers elle. Cruelle, sans pitié, manipulatrice, avide de pouvoir, je parviens tout de même à comprendre ce qui l'a rendue ainsi et certains passages prouvent qu'elle n'est pas totalement sans cœur.
J'aurais apprécié que Felix soit plus mis en avant parce qu'il le mérite et que je le trouve intéressant, mais Magnus et Cléo (que je maudis une fois encore) bouffent littéralement le roman.

Concernant l'intrigue, je commence à me demander si l'auteur avait un vrai plan pour sa saga car certains retournements de situation sont bien trop faciles. Des morts, des résurrections, des objets magiques puissants, on croirait que l'auteur invente au fur et à mesure. Sans compter que l'intrigue n'est pas aidée par la présence de dialogues qui confinent parfois au kitsch.
Et comme trop souvent, le dernier quart du tome est celui qui contient le plus d'action, mais cela reste sans aucun doute la partie la plus plaisante car le reste du roman traîne et nous inflige les atermoiements ridicules de Magnus et Cléo. Cela dit, si l'intrigue traîne, le roman reste pourtant trop court car les autres personnages auraient mérité plus d'attention et de développement de la part de l'auteur, notamment le duo de Jonas et Lucia.
Au final je pense que l'auteur s'est trop éparpillée, en plus faire du favoritisme malvenu (pour se mettre la plupart des lecteurs dans la poche... ?). Elle aurait dû ne conserver que les quatre principaux personnages et se concentrer à parts égales sur eux pour avoir un développement de ses personnages digne de ce nom.

EN BREF :

J'irais presque jusqu'à dire que cette saga - que j'ai adoré - touche le fond. L'auteur s'acharne à ne donner de l'importance qu'à Magnus et Cléo quitte à faire du fan service, et ce, totalement au détriment des autres personnages qui méritaient mieux que ça. Sans compter que l'intrigue paraît brodée au fur et à mesure.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Le tome 6 (le dernier) Immortal Reign est déjà disponible en VO.
  • Deux prequels Crimson Dagger et Obsidian Blade (tout deux sur la jeunesse de Magnus) sont disponibles uniquement en VO et en e-book.
  • Chronique des tomes précédents :

vendredi 30 novembre 2018

The Curse

Auteur : Marie Rutkoski

Édition : Lumen (site)

Pages : 456

Prix : 15 €

Public : 12 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  "malédiction du vainqueur  : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.
Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.
Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Un vrai petit bijou de couverture et un résumé alléchant, il ne m'en a pas fallu plus pour acheter ce roman, mon tout premier des éditions Lumen.

Le principal aspect positif du roman, c'est Kestrel. Elle est une héroïne qui change un peu et c'est loin d'être un mal. Loin d'exceller aux arts du combat comme la plupart de ses pairs, elle est plutôt une fine tacticienne et une joueuse de poker très douée. Il est agréable de voir enfin une héroïne de son acabit. Si elle devait finir dans une maison de Poudlard, il n'y a aucun doute qu'elle serait chez Serpentard. Elle n'est pas du tout attirée par les arts du combat (et n'y est de toute façon pas douée comme dit précédemment), mais elle rattrape cette faiblesse par une grande vivacité d'esprit. Elle doit toujours se montrer plus maligne que son adversaire pour l'emporter et toujours garder un coup d'avance. Elle est aussi courageuse mais pas téméraire.
Kestrel n'est pas une héroïne idéalisée, ce n'est pas l'héroïne qui se sacrifie, elle est même dotée, au contraire, d'un très fort instinct de survie et d'un esprit stratège qui la pousse à prendre des décisions parfois dures et implacables voire brutales. Et elle se sent coupable d'être aussi calculatrice, mais c'est son caractère. Personnellement, j'ai apprécié cette héroïne à la personnalité peu habituelle dans le genre.

La relation attendue entre Arin et Kestrel évolue d'abord vers une amitié, ce qui n'est pas pour me déplaire. Malgré tout, l'étape de l'amitié ne s'éternise pas, ce qui est fort dommage... De plus nombreuses rencontres entre les deux n'auraient pas été du luxe car le développement de la romance est encore assez faible pour moi.
Et si dans le derniers tiers du roman Arin et Kestrel apprennent vraiment à mieux à se connaître, le point de vue d'Arin reste trop peu présent. Pourtant, ne serait-ce que du point de vue de la romance, il aurait été intéressant d'être plus souvent dans sa tête car on ne voit que trop peu l'évolution de son côté.

Cela dit, j'ai adoré lire un roman où c'est l'héroïne qui vole au secours du héros en détresse ! Tout comme le fait qu'aucun des deux n'est prêt à abandonner ses objectifs pour l'autre. Ni Kestrel, ni Arin ne peuvent trahir leur patrie, et cela me paraît tout à fait réaliste. Les deux personnages ont de vrais priorités et ont beaucoup de mal à se faire confiance. Ils ne relâchent jamais vraiment leur vigilance.
Sans compter qu'en plus de ça, ils sont tous les deux de sacrés joueurs de poker menteur, alors autant dire que la romance va être compliquée entre deux personnalités pareilles ! Il est d'ailleurs très amusant de les voir se piquer, se jauger et se piéger. Ils ont tous les deux un très bon sens de l'observation et sont parfois même un peu trop sûrs d'eux, ce qui leur joue des tours. Ce sont des aspects qui me font encore plus regretter que la romance se mettent en place trop tôt car il y avait le potentiel de faire bien mieux.

Heureusement que les deux héros sont réussis, car n'espérez pas de personnages secondaires notables. Ils sont bien trop en retrait. Tant et si bien qu'aucun attachement n'est possible. Jess est d'ailleurs le cliché habituel de la meilleure amie de l'héroïne : énergique, romantique et un peu superficielle. Bref, rien à retenir de ce côté-là.

Du côté de l'intrigue, j'ai été ravie de constater qu'aucun des deux camps en présence n'est noir ou blanc. En effet, on finit par s'apercevoir que chaque côté a ses brebis galeuses et des choses à se reprocher.
Mais, bien que l'on n'attende que peu de pages avant de voir débarquer Arin, j'ai malgré tout vite commencé à m'ennuyer. En effet, les rencontres entre Arin et Kestrel ne sont pas très nombreuses et on assiste plus à toutes les sorties mondaines de la bonne société qu'à autre chose. Je cherchais un gros enjeu dans tout ça que je n'apercevais pas. Pour moi, l'action prend trop de temps.
Le dernier tiers du roman est, lui, bien meilleur. Les retournements de situation s'enchaînent et tout se complique tant que l'on se demande où tout cela va mener les deux héros. Beaucoup d'action et de tension au programme dans cette partie, et il aurait été pas mal que tout le roman suive ce rythme.

Je regrette aussi qu'une certaine superficialité ressorte de ce premier tome. On jurerait que l'auteur avait déjà le public visé en tête lorsqu'elle a écrit ce roman. Ou alors ça a été vachement censuré, car j'ai eu l'impression que l'auteur esquivait tout ce qu'il y a de plus horrible dans l'esclavage, contrairement à Une braise sous la cendre qui n'épargnait pas ses lecteurs. Du coup, j'en suis sortie avec l'impression d'avoir lu un roman trop jeunesse pour moi. Je m'attendais à un récit pour les 15 ans et plus, mais on est plus sur du 12 ans et plus. Et vu le sujet abordé, j'attendais plus de dureté et peu de concessions. Le dernier quart est peut-être un peu plus âpre, mais pas de beaucoup, tout est quand même habilement esquivé, comme si on ne voulait pas nous traumatiser.

Le style est, quant à lui, simple, peut-être même un peu trop. J'ai noté en sus pas mal de tournures maladroites, de phrases à rallonge qui me perdaient en route et un manque de détails qui m'empêchait d'imaginer correctement une scène. La faute en revient-elle à la traduction ou au style de l'auteur ? Aucune idée, mais cela reste gênant.

EN BREF :

Kestrel et Arin sont dotés de deux personnalités très intéressantes, ce qui fait regretter encore plus que leur relation manque d'évolution, d'autant que les personnages secondaires sont tout à fait oubliables. Au vu du sujet, le roman manque aussi de dureté et ne devient vraiment prenant que dans le dernier quart.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 The Crime et le tome 3 The Kiss sont déjà disponibles en VF chez Lumen
  • Une nouvelle intitulée Bridge of Snow (nouvelle sur l'enfance d'Arin) est également disponible uniquement en e-book et en VO.

mercredi 21 novembre 2018

La déferlante

Auteur : Michael Buckley

Édition : France Loisirs (site)

Pages : 379

Prix : 14,30 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Trente mille créatures inquiétantes surgies de la mer : les Alphas.
Veulent-elles nous envahir ou fuient-elles un danger terrifiant ?
Lyric, une humaine, et Fathom, le prince des Alphas doivent absolument s'entendre pour sauver l'humanité.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Les bonnes critiques que ce roman récoltait sur Livraddict et son résumé font partie des éléments qui m'ont encouragé à l'acquérir. Et vu son prix intéressant à France Loisirs, ce livre a vite fini dans ma PAL !

Narré à la première personne par une héroïne sympathique, l'action se déroule dans une ville où règne l'insécurité et les discriminations. On est bien loin des banlieues aisées américaines, ce qui n'est pas pour me déplaire, bien au contraire !
L'arrivée peu avant le début du roman des Alphas sur la plage n'a fait qu'exacerber les tensions qui régnait déjà sur la ville. La haine des habitants se cristallise donc sur ce peuple, il faut le dire, quand même assez effrayant. C'est clairement le choc des cultures. Les Alphas sont un peuple que je qualifierai d'archaïque, prônant l'honneur, la fierté et la violence. Bref, un peuple très spartiate en somme.

L'action est permanente, ce qui fait de ce premier tome un vrai page-turner. Vu le climat plus que tendu qui règne dans la Zone entre les humains radicaux et les Alphas, il se passe toujours quelque chose : agressions, saccages, bagarres, insultes, ... autant dire qu'on ne s'ennuie pas un seul instant. Les discriminations dont sont victimes les Alphas font par ailleurs étrangement écho à l’actualité, ce qui rend cette lecture d'autant plus intéressante de mon point de vue.
Il n'y a pas vraiment de bons côtés dans cette intrigue, et c'est là une de ses plus grandes qualités. La défiance et le mépris sont présents dans tous les camps et aucun n'est au-delà de tout reproche. Cela dit, on a quand même un gros plan sur une faction humaine violente et discriminante.

L'univers érigé par l'auteur est hyper original. Via ce peuple inconnu arrivé mystérieusement du fond des mers, c'est une toute nouvelle mythologie que nous propose l'auteur, inspirée de créatures marines légendaires. Et il a créé à partir de cette source d'inspiration toute une civilisation et ses coutumes.

Comme je le disais plus haut, Lyric est une héroïne très agréable à suivre, et heureusement étant donné que l'on suit uniquement son point de vue. Lyric était une adolescente plutôt dissipée (ça change des héroïnes habituelles !) mais qui a dû apprendre à faire profil bas pour cacher un secret qui mettrait toute sa famille en danger. Le secret qu'elle garde paraît évident, mais il n'en est pas fait mystère longtemps puisqu'il est dévoilé assez tôt dans le roman.
Lyric est attentionnée avec ses amis et sa famille et le monde ne tourne pas autour d'elle. Elle sait où placer ses priorités, et notamment sur sa famille. Elle est parfois terrifiée comme n'importe qui pourrait l'être à sa place, mais elle a du cran et ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle doit le cacher pour éviter d'attirer l'attention sur elle.

Concernant Fathom, le prince des Alphas, je lui ai trouvé un côté homme de Cro-Magnon qui ne m'a pas plu du tout. Bon, ses coups de sang finissent par s'expliquer, mais quand même... Après, il est vrai qu'il n'a pas la vie doré qu'on pourrait lui prêter avec son statut de prince. Son titre a en réalité fait de sa vie une suite de combats brutaux, tradition de son peuple. Il a été élevé dans une tradition brutale et sans compassion, où seul l'honneur compte.
Si sa posture de mâle dominant qui ne doit montrer aucune faiblesse m'avait bien refroidi dès le début, Fathom reste un personnage que l'on peut comprendre, victime de coutumes et de traditions violentes plutôt que de sa personnalité. Au fur et à mesure, je me suis même plutôt sentie désolée pour ce jeune homme qui doit supporter seul les conséquences des mauvaises décisions de son père. Et avec le temps et la fréquentation de Lyric, il finit par s'adoucir un peu et montre un visage qu'il s'interdit d'exposer habituellement parce qu'il n'a pas le droit de montrer une seule faille.

La relation qui se noue entre Fathom et Lyric est sous haute tension. Il lui fait peur, et c'est carrément compréhensible vu le personnage de Fathom, mais la demoiselle a du cran. Leur histoire est plutôt bien gérée. Ils sont tout deux forcés de se côtoyer chaque jour seul à seule et ils apprennent à se connaître petit à petit presque malgré eux, c'est ce qui rend leur romance crédible. Bon, je n'aurais pas été contre plus de rencontres et donc plus de pages pour encore mieux crédibiliser l'évolution de leurs sentiments, mais ça reste bon. Ça aurait aussi été pas mal d'en garder un peu pour le tome 2. L'évolution n'est pas mal du tout, mais ça aurait pu être encore mieux.
En revanche, la tension entre Fathom et Lyric est parfaitement mise en valeur ! Elle est à couper au couteau. Et puis, pour ceux qui le craindrait, le rapprochement entre eux est tout sauf mièvre (vu les deux caractères, ça me semble plus que réaliste).

Notons que la romance entre Fathom et Lyric n'est pas la seule présente. On a aussi droit à quelques couples parmi les personnages secondaires et à de potentielles futures romances esquissées dans ce premier tome. C'est très agréable de voir que les personnages secondaires ne sont pas délaissés et ont aussi une vie.

En effet, une belle brochette de personnages secondaires nous est aussi présentée ici. Des personnages qui ont une vie, des problèmes, une histoire. Ils vivent en-dehors de la sphère de l'héroïne. Je pense en particulier à Bex et Shadow, les deux meilleurs amis de Lyric. Leur duo est adorable ! Bex mérite tellement tout le bonheur du monde, elle a une vie très difficile et pourtant un courage à toute épreuve. Sa personnalité extravertie et sa discrétion concernant ses problèmes m'ont fait penser à Isis, l'héroïne de Je te hais... passionnément. Elles sont de la même trempe.

Quelques autres personnages marquent également le récit, parmi eux les parents de Lyric. C'est top de lire en young adult des rôles de parents qui déchirent ! Et puis leur couple est tellement beau que j'adorerais avoir une petite nouvelle sur la façon dont ils se sont rencontrés. Le père de Lyric est un super-héros ! Il est juste génial ! Et la mère de Summer n'est pas en reste, même si comme sa fille elle doit faire profil bas, il ne faut pas la chercher !
Doyle, le principal, est un personnage bien mystérieux... On ne sait pas trop sur quel pied danser avec lui. Il est intriguant et on se demande jusqu'au bout de quel côté il est.
Côté Alpha plusieurs personnalités sont également dessinées. J'ai apprécié que les personnages féminins ne soient pas cantonnées à des rôles cliché. Il y a beaucoup de tempéraments différents.
Bref, le casting des personnages secondaires est excellent. Du coup, quand on en perd, on est tout sauf indifférent. Mon petit cœur tout mou a été crevé par la disparition de l'un d'entre eux... Je ne m'y attendais vraiment pas...

EN BREF :

Une intrigue intelligemment menée et bourrée d'action alliée à un univers original et à des personnages bien campés et développés donne ce très bon premier tome d'une trilogie. La romance principale aurait pu être un peu plus lente, mais elle est déjà excellente, et même si le côté mâle alpha de Fathom m'a déplu, le personnage évolue fort heureusement.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 La colère des abysses est déjà disponible en VF chez PKJ et France Loisirs.
  • Le tome 3 Heart of the Storm (titre VO) est déjà disponible en VO.

mardi 6 novembre 2018

Je te hais... passionnément

Auteur : Sara Wolf

Édition : PKJ (site)

Pages : 346

Prix : 16,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Isis Blake, 17 ans, a un objectif : ne JAMAIS retomber amoureuse. Alors qu’elle tente de s’intégrer dans son nouveau lycée, elle tient à ce que personne n’apprenne qu’avant elle était obèse… et qu’elle avait un cœur. 
Mais, au lieu de se faire discrète, Isis colle son poing dans la figure de Jack Hunter, celui qu’on surnomme « le Prince de Glace ». Dès lors les couloirs du lycée deviennent un champ de bataille. Leur guerre sera sans merci…


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Si je me suis retrouvée avec ce livre entre les mains, c'est premièrement à cause du résumé (les romances où ça se tape mutuellement dessus au départ, ça me parle), mais je me méfie avec les résumés plein de promesses comme ça... C'est donc la chronique d'un blog qui m'a finalement convaincu de l'acheter puisqu'il y était décrit une romance pas niaise et surtout progressive, condition sine qua non d'une relation réussie en ce qui me concerne.

Premier constat : le style dynamique. On suit en immense majorité le point de vue d'Isis, le style est donc à son image : punchy et sans fioritures. Les répliques et les dialogues sont vifs et natures, en dépit de quelques répliques d'Isis qui m'ont paru un peu trio recherché pour être naturelles.
À noter que quelques passage du roman sont du point de vue de Jack, ce qui est un plus. En revanche, ne pas en avoir fait des chapitres distincts est une erreur car la première fois que je suis tombée dessus au détour d'un paragraphe, ne m'y attendant pas, il m'a fallu un certain temps pour percuter. J'ai dû relire le passage presque entièrement.

L'intrigue m'a agréablement surprise puisque je me suis rendue compte au fur et à mesure qu'elle ne se concentrait pas uniquement sur la romance entre Isis et Jack. Des sujets graves sont abordés ici, ce qui rend le roman beaucoup moins superficiel qu'on pourrait le croire en lisant la quatrième de couverture. Entre le secret d'Isis puis celui de Jack qui est lié à quatre autres personnages, une vraie intrigue se dessine. On a envie de découvrir le secret qui lie Jack à d'autres personnages. Le mystère persiste encore, notamment sur le passé d'Isis. Car si on peut en deviner une partie il manque encore des détails, ce qui laisse une marge pour la suite.
En revanche, un aspect de l'intrigue m'a posé problème. En effet, certains évènements concerne des gamins de douze ans et la nature des évènements en question rend leur âge peu crédible. À quinze ans, ça aurai pu passer à la rigueur, mais à douze ans c'est totalement improbable et peu réaliste.
Je ne suis pas non plus fan de la fin qui propose un twist terriblement cliché et qui devrait être interdit en littérature (ouais, carrément...).

L'héroïne, Isis, est sacrément excessive ! Un peu trop pour moi parfois, même si je comprends que tout prendre au second degré est son moyen de défense pour que plus rien ne la touche. Cela dit, cela ça ne m'a pas empêché de l'apprécier malgré tout. J'ai eu beaucoup d'empathie pour celle qu'elle est à l'intérieur, la jeune fille qui fait croire à tout le monde qu'elle a une confiance en elle à toute épreuve alors qu'au fond elle se déprécie et a perdu tout amour d'elle-même. J'avais juste envie de lui faire un énorme câlin. Par contre, j'ai eu un peu de mal avec son appellation "Sans-nom" du jeune homme qui lui a fait du mal, c'est anecdotique, mais une insulte m'aurait semblé plus crédible.
À noter que j'ai adoré côtoyé une héroïne qui est une véritable amie. Son amitié avec Kayla est d'une importance capitale à ses yeux et elle est extrêmement protectrice. Ça fait plaisir à voir !

Passons au sujet Jack... et je dois avouer que je n'en ai pas voulu une seconde à Isis de lui avoir mis son poing dans la figure, ça m'aurait démangé aussi. Il a certes des failles, une profonde blessure et des bons côtés, mais cela n'excuse pas son mépris des autres. Monsieur se croit supérieur à tous les autres, beaucoup trop simple d'esprit pour lui, comme s'il avait le monopole de la complexité. Tous les autres lycéens sont simplistes et inintéressants selon Monsieur. Il est d'une arrogance ! Il a certes des qualités mais ça n'excuse pas son mépris.

La romance entre Isis et Jack démarrait sous les meilleurs auspices. J'aime bien quand les deux parties se détestent dès le départ, et là c'est carrément le cas, leur relation est plus que houleuse. Ils se rendent coup pour coup, du coup il n'y a pas de rapport de supériorité malsaine entre eux. Les sentiments naissent progressivement. Au fil des sales coups qu'ils s'infligent l'un à l'autre, ils se découvrent plus en profondeur.
D'ailleurs, ils ne sont pas casés à la fin de ce premier tome, ce qui promet une suite qui continuera à faire évoluer leur duo en douceur au lieu d'opter pour une intrigue qui repose sur une séparation comme dans la plupart des romances young adult...

Enfin, l'auteur a su donner une vraie place aux personnages secondaires ! Un vrai bon point ! La majorité d'entre sont mêlés au secret de Jack et ont par conséquent une grande place dans l'intrigue. Et dernier point les concernant, et pas des moindres : ils sont travaillés. Chacun d'entre eux est complexe et humain. Pas un seul n'est tout noir ou tout blanc. Même la fameuse "garce du lycée" cache des failles.
Seule Kayla m'a semblé peu intéressante mais l'auteur a malgré tout essayé de ne pas la rendre trop parfaite. En revanche, j'avoue avoir eu un coup de coeur pour Wren qui est un garçon juste adorable, un peu maladroit et geek, il est à croquer ! Que Kayla soir obnubilé par Jack alors qu'il y a Wren juste à côté me dépasse.

EN BREF :

Une romance houleuse et progressive réussie entre deux forts caractères au passé douloureux. Les personnages secondaires sont en plus bien développés, ont une vraie personnalité travaillée et une vraie place dans l'intrigue. L'intrigue sur le secret qui lie certains personnages m'a plu, quoique certains éléments plutôt improbables en casse la crédibilité, mais elle a le mérite de lier les personnages entre eux et des les impliquer. En revanche, la fin est beaucoup trop cliché.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 Je te hais... à la folie et le tome 3 Je ne te hais... plus du tout sont déjà disponibles en VF chez PKJ.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...