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mardi 21 mars 2023

Lady Helen - Tome 1 : Le Club des mauvais jours

Auteur : Alison Goodman 

Édition : Gallimard Jeunesse (site)

Pages : 562

Prix : 19,50 €

Public : 12 ans et + 

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Londres. Avril 1812... Lady Helen Wrexhall s'apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d'étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d'insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


L'époque et tout particulièrement le côté Orgueil et Préjugés me tentait énormément. Seul la taille du roman me freinait, car malgré mon amour inconditionnel des pavés, quand le roman ne plaît pas, c'est un calvaire. C'était donc un risque car je ne savais malgré tout pas trop à quoi m'attendre avec ce premier tome.

Il est vrai que les enjeux et les révélations mettent un peu de temps à être dévoilés, mais je me suis tout de même prise rapidement au jeu.
Le style très efficace n'y est très certainement pas étranger. En effet, vu l'époque à laquelle se déroule l'intrigue, on aurait pu craindre un style très ampoulé et lourd, mais ça n'est pas du tout le cas. Le style est équilibré et n'en paraît pas pour autant déplacé. Les dialogues sont dynamiques tout en restant cohérent. L'auteur a su maintenir un équilibre entre la cohérence et la fluidité dans son écriture.

Le contexte historique apporte beaucoup de sel au roman. Sans ce contexte, ça aurait pu être du déjà-vu et les péripéties auraient certainement été beaucoup plus simples à résoudre. Du coup cela aurait été bien moins amusant à lire. 
En effet, Helen étant une femme (une place peu enviable), elle ne peut pas sortir comme elle le souhaite et encore moins se retrouver seul avec un homme. L'époque apporte son lot de convenances de société qui rendent les actions des personnages beaucoup plus difficiles à mettre en œuvre. Tous, et encore plus les femmes, sont soumis à des règles sociales strictes et cela ajoute une tension supplémentaire à l'intrigue. En tant que lecteur, on a terriblement envie de savoir comment ils vont se débrouiller pour conserver les apparences.
L'époque est un sujet que l'auteur a bien étudié. Elle l'explique elle-même en fin de roman, ce qui n'est pas inutile car en tant que novice, on ne s'en rend pas forcément compte. Le contexte historique est donc rendu fidèlement à quelques écarts près.

Concernant l'univers, au départ, il ne m'a pas paru tant que cela original. Mais plus on en découvre et plus je me suis dit que je n'avais pas vu ça ailleurs. Ce qui est très bon signe ! L'univers se dévoile avec parcimonie et sur la longueur, tout comme les révélations faites sur la mère de Helen et son héritage. L'intrigue repose en majorité sur ce mystère mais également sur le rôle de Helen qui tient une place importante voire décisive dans leur combat.

L'héroïne, Helen est plutôt attachante et crédible pour l'époque. C'est une jeune femme réaliste, réfléchie, intelligente et vive d'esprit. Ses réactions sont plus vraies que nature, on y croit. Ce n'est pas une rebelle en puissance qui rejette toute la société en bloc, et pour cause : elle y a été élevée. Un comportement moderne n'aurait pas paru crédible. Pour autant, cela ne l'empêche pas d'avoir ses idées et de soutenir les gens qu'elle aime peu importe leur rang social.
Le personnage masculin principal m'a par contre paru un peu trop déjà-vu : le grand brun ténébreux, secret et suffisant, on a vu plus original tout de même... Même si j'ai apprécié que l'on puisse apercevoir ses moments de faiblesses. Son paternalisme et son comportement un peu sexiste envers Helen correspond à l'époque, même s'il l'est bien moins que nombre de ses pairs. Mais même dans ce contexte historique, je dois dire que j'espérais mieux. Son côté très suffisant est VRAIMENT très agaçant.

La relation entre Helen et Carlston a un vrai air d'Orgueil et Préjugés, ce qui n'est pas pour me déplaire. Tous deux ont en effet beaucoup d'a priori l'un sur l'autre. Les joutes entre ces deux-là font plaisir à lire. Mais j'aurais apprécié que Helen ait un peu plus de répondant...
La tension entre Helen et Carlston arrive sur le tard (ne vous attendez donc pas à une premier tome romantique !), ce qui implique une lente évolution tout au long de l'intrigue. Rien n'est encore établi dans ce premier tome. Pour moi, c'est parfaitement crédible (et c'est le genre d'évolution que je préfère).

Concernant les autres personnages, l'auteur a veillé à leur donner une vraie place dans le récit et une vie propre que l'auteur nous laisse entrevoir. Cependant, aucun ne prend autant de place que Carlston, ni n'est abordé avec autant de profondeur, ce qui est fort dommage. D'autant plus que plus l'univers se dévoile, plus certains sont mis de côté. Il faudra voir ce que la suite fera d'eux. Affaire à suivre...

EN BREF :

Le contexte historique et l'atmosphère à la Orgueil et Préjugés est la grande force de cette nouvelle saga. L'intrigue n'ennuie pas et l'héroïne est attachante et crédible malgré un personnage masculin plutôt cliché.


JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
  • Le tome 2 Le Pacte des Mauvais Jours et le tome 3 L'Ombre des Mauvais Jours sont déjà disponibles en VF chez Gallimard Jeunesse.

mercredi 7 juin 2017

Le Sang des dieux et des rois - Tome 2 : Empire de poussière

Auteur : Eleanor Herman

Édition : R (site)

Pages : 383

Prix : 17,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Sorti victorieux de sa première bataille, le prince Alexandre se fait violence pour devenir le chef dont son royaume a besoin.
Héphestion, temporairement écarté du pouvoir et envoyé en Égypte avec Katerina, doit la protéger d'une terrible prophétie.
Déterminé à faire une croie sur son premier amour, Jacob le guerrier s'est promis d'éradiquer la Magie de Sang et cherche l'aide de Cynané, qui croupit dans les geôles royales.
La princesse persanne Zofia, enfin, qui poursuit sa quête des Dévoreurs d'Âmes, devra d'abord démêler les noirs secrets de son séduisant mais funeste ravisseur...


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

Du premier tome de cette saga je n'ai malheureusement pas gardé de souvenirs précis (comme à chaque lecture remontant à quasi un an), mais je me souviens tout de même d'un tome de mise en place et du coup un peu longuet en majeure partie. En revanche, l'univers et les personnages présentés avaient un potentiel incroyable, d'où mon envie de lire la suite.

On retrouve dans ce second tome les différents points de vue du tome 1 qui rendent le récit toujours aussi riche et met bien en valeur les différents personnages. Des personnages dont j'ai pu apprécier la complexité. Encore plus que dans le tome précédent, notamment en ce qui concerne Alex que je trouvais un peu trop lisse auparavant. Ici, il prend clairement du relief, fait des erreurs, doute, tente d'asseoir son autorité au risque de devenir comme son père. Il grandit et son cheminement, sur le fil, est des plus intéressants.
Zofia, dont la personnalité ne m'avait pas transcendé précédemment, m'a ici énormément plu. Tout comme Alex, elle grandit. Et curieusement, alors que les chapitres la concernant dans le tome 1 étaient de ceux qui me plaisaient le moins, ils sont ici mes chapitres favoris. Elle se montre courageuse, intelligente. Elle ne lâche pas le morceau ! Elle montre une force mentale assez impressionnante, alors qu'elle n'a plus personne et que le danger la guette à chaque pas. Et j'ai adoré la relation nouée avec un autre personnage, tout en évolution et en confrontation.
Cynané quant à elle a toujours un comportement détestable, mais en même temps, je ne peux m'empêcher de comprendre ce qui l'a rendue ainsi et ce qu'elle traverse ne fait que la conforter dans son choix. Elle est prête à tout pour ne pas avoir à être dépendante d'un homme. J'aimerais cependant qu'elle ait parfois plus de remords ou de scrupules quand même... Elle reste un personnage fort mais malheureusement pas attachant. Il en est de même avec Olympias, qui est aussi un antagoniste que l'on peut comprendre. Qualité indispensable à un bon roman.

Les autres protagonistes sont eux toujours aussi réussis (sauf peut-être Kat que je trouve encore un peu trop lisse). Ils évoluent au gré des épreuves traversées (mais quand est-ce que Zofia va arrêter de souffrir, la pauvre !!), et des liens se nouent entre eux avec le temps.
Bref, tous les personnages, que ce soit Héphestion, Zofia, Alex ou Jacob, sont fascinants, humains dans tout ce que cela a de plus complexe, dans toutes leurs forces et surtout leurs faiblesses, et les relations noués entre certains d'entre eux sont parfaitement menées. La plupart d'entre eux sont sur le fil séparant le bien du mal, et on sent qu'à certains moments ils vacillent. C'est cela qui les rend intéressants. En outre, aucun ne fait du surplace, ils évoluent vraiment.

L'intrigue contient des révélations en pagaille ! Tous les éléments se croisent et on peut désormais avoir une vision d'ensemble de ce qui est en jeu. Absolument tous les points de vue nourrissent l'intrigue principale, même si l'on peut ne s'en rendre compte que plus tard. Le puzzle d'une aventure épique s'est assemblé.
Tout s'éclaire et les motivations des uns et des autres se dévoilent. J'ai été très surprise par certaines découvertes, par les buts cachés derrière les actions de certains. Cette suite m'a d'ailleurs donné une terrible envie de découvrir les deux nouvelles de l'auteur en rapport avec la saga (disponibles uniquement en VO pour le moment).

Toutes les révélations présentes dans cette suite étendent l'univers et creusent ses origines. La mythologie de l'auteur se déroule devant nos yeux en même temps que nous découvrons ce qui est réellement en jeu. Si l'auteur n'utilisait pas des lieux et une époque connus, on serait en pleine fantasy. Cette saga en a clairement la fibre.

Sans compter que le récit est toujours aussi détaillé (sans être lourd), on s'y croirait. Les batailles, le décor, tout paraît si réaliste que l'on a aucun mal à s'immerger dans le roman. C'est également toujours aussi dur et mature.
Le style colle toujours autant à l'univers. Il est un peu plus riche que d'ordinaire comparé à d'autres livres du même genre et c'est plus qu'agréable. Un bel équilibre qui permet de nous immerger efficacement dans l'histoire.

EN BREF :

Des batailles, des trahisons, un soupçon de romance, de multiples surprises, des destins qui se croisent, des personnages qui évoluent, un monde qui approche de sa fin, de la magie, des rituels sombres, ... J'ai été complètement happée par l'histoire ! J'ai eu peur pour ces personnages auxquels je me suis attachée, je me suis passionnée pour les liens qu'ils tissent entre eux, pour cette mythologie intéressante. Les pages se sont tournées vraiment toutes seules. La richesse de cette saga me laisse baba ! Impossible de s'ennuyer ! L'univers, l'intrigue et les personnages sont à couper le souffle.
Ceux qui n'ont pas encore fait le pas ou qui hésitent à lire la suite : n'hésitez plus ! Une superbe saga que voilà ! Cette suite est vraiment passée tout tout près du coup de cœur ! Une suite qui a su habilement profiter du premier tome de mise en place pour opérer une vraie montée en puissance.



JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


Merci à la collection R pour la suite de cette superbe saga !


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Le tome 3 Reign of Serpents paraîtra en VO le 27/06/2017.
  • Chronique du tome précédent :

dimanche 1 mai 2016

Le Sang des dieux et des rois

Auteur : Eleanor Herman

Édition : R (site)

Pages : 452

Prix : 17,90 €

Public : 15 ans et +

Commander le livre : sur Amazon

Résumé :

Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais il est irrésistiblement attiré par une nouvelle venue.
Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de la cour sans dévoiler sa mission secrète : tuer la reine.
Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le coeur de Katerina. Même s'il doit pour cela se mesurer à Héphestion, tueur sous la protection d'Alexandre.
Enfin, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre malgré elle, part en quête des légendaires et mortels Dévoreurs d'Âmes, seuls capables d'infléchir son destin.


L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


Le Sang des dieux et des rois, un roman très attendu de ma part. Pas pour la jeunesse d'Alexandre le Grand (le fait d'utiliser un personnage historique avait même plutôt tendance à me rebuter, ne souhaitant pas lire une biographie ou encore que le roman colle à l'Histoire), mais plutôt parce que c'est un roman historico-fantastique, donc relativement proche de la fantasy - genre que j'adore -, et que l'historique en young adult me botte carrément. Il se place en plus dans un époque assez peu utilisée en littérature pour jeunes adultes. Et la comparaison avec Game of Thrones ne me laissait pas non plus de marbre...

Je n'ai cependant pas accroché immédiatement au récit. Ou plutôt, aux personnages. J'ai dû pas mal avancer dans ma lecture avant de me rendre compte que, petit à petit, je commençais à entrer dans l'univers. Ça a vraiment été une lente évolution. Mon intérêt est allé croissant, ce qui est bien plus agréable que l'inverse. Même si je dois avouer qu'à un moment donné dans le roman, je suis allée lire la fin, pour m'encourager. Et ça a marché, j'ai été agréablement surprise et du coup j'ai pu reprendre ma lecture, enthousiaste.
Parce qu'au départ, les personnages me paraissaient un peu trop unidimensionnels à mon goût. De fait, je ne les trouvais pas très attachants. Ce qui m'a sauvé du naufrage au commencement du roman, c'est l'univers antique, crédible et dépaysant, et l'intrigue. Les relations se font et se défont, les têtes tombent, les tromperies se multiplient et les traîtres ne sont pas toujours ceux que l'on pressent. Même si c'est un peu lent au début, les aspects de l'intrigue se précisent plus avant. L'action est aussi bel et bien présente, attendez-vous à des batailles, des combats et des trahisons qui rendent le récit toujours plus addictif. Ce premier tome est même parfois très dur, ce n'est pas une petite balade de santé. Particulièrement du côté de Zofia, la princesse persanne. Je me suis même demandée comment elle arrivait à ne pas perdre la tête avec toutes les horreurs qu'elle traverse !
Quant au fantastique, il est présent par touche légère, on s'intéresse ici davantage aux destins des personnages, et franchement, c'est un choix qui ne me déplaît pas du tout.

Un des aspects du roman qui m'a le plus emballée reste la narration à multiples points de vue. On suit en tout (environ) six points de vue. Cela rend l'univers plus riche et plus étendu. Les personnages également profite de cela, cela les rend plus humains puisqu'on peut les connaître de l'intérieur. J'ai eu également l'impression que les chapitres était relativement bien partagés entre les personnages.

Ce qui m'a un peu fait grimacer dans la première partie du roman, c'est la relation spéciale nouée entre Alexandre et Katerina, qui m'apparaissait très bateau, trop évidente et simpliste. Vu et revu. Et les coups de foudre, très peu pour moi. Sauf que non. C'est tout sauf bateau, et je n'aurais pas pu plus me tromper. Je suis carrément ravie de la tournure que prend leur relation !
J'ai aussi particulièrement apprécié que l'auteur mette autant en avant la très belle amitié entre Alexandre et Héphestion. Car l'amitié est tout aussi importante que le reste, et reste en général malheureusement un peu trop mise en retrait dans les romans pour jeunes adultes.
Globalement, les relations entre les personnages n'évoluent pas toujours comme l'on s'y attendait. Et ça fait un bien fou ! J'ai adoré être prise au dépourvu.

Certes, les protagonistes ne m'ont pas immédiatement emportés, mais l'auteur prend le temps de les construire. Et au final, ça fonctionne.
Alexandre m'a laissé relativement neutre, mais pas de façon désagréable. Il est bien construit, j'ai aimé ses doutes, sa bonne volonté, et j'ai d'ailleurs adoré qu'un héros ait un handicap physique, mais je n'ai pas eu de coup de cœur.
Héphestion, un personnage qui ne m'avait pas fait forte impression (le bellâtre naïf qui ne pense qu'à son physique), fini par être attachant. Et c'est surprenant ! J'attends que l'auteur gratte encore un peu plus son verni par la suite, mais elle a déjà fait du bon boulot.
Cynané est un personnage qui m'a plu dès le début, parce qu'elle n'avait pas le comportement d'une héroïne "idéale". Mais j'ai fini par la détester. C'est à mes yeux une véritable sociopathe.
Ce fût le cheminement inverse avec Kat. Au début, elle était pour moi l'héroïne lambda, parfaite. Forte, courageuse, déterminée. Mais en côtoyant le beau monde, elle devient plus subtil, moins lisse.
Le personnage de Zofia ne m'a pas intéressée outre mesure, je la trouvais plutôt plate, sa vie ayant été jusqu'à présent très facile. Mais plus elle traverse d'épreuves, plus j'ai éprouvé de l'admiration pour elle. En revanche, il est dommage qu'elle soit mise à part du reste des personnages principaux, même si cela reste logique.
Olympias est la femme qu'on va adorer détester, mais qu'on peut aussi comprendre. Elle n'en est pas arrivé là sans raison, même si elle n'a aucune excuse tant ses actes sont odieux. C'est la recette pour un bon antagoniste.

Quoiqu'il en soit, chaque personnage a ses propres motivations, et ils prennent tous plus d'ampleur au fil du roman. C'est la raison pour laquelle on peut passer de l'amour au désamour avec chacun d'entre eux. Ils évoluent et on apprend toujours plus sur eux.

À noter que j'ai grandement apprécié le mot de l'auteur à la fin. Elle nous parle des recherches qu'elle a entrepris pour l'écriture de cette saga sur le mode de vie des gens à cette époque. Et j'ai beaucoup appris. C'est là qu'on se rend compte qu'elle a vraiment fait attention aux détails pour rendre son roman le plus crédible possible.

EN BREF :

Le côté choral de la narration, la dureté, l'époque historique, la magie discrète et parfois très sombre, les destins entremêlés de personnages bien construits, tout cela m'a rappelé ce que j'adore dans la saga Le Dernier Royaume. Aux lecteurs de cette saga, je vous conseille de vous laisser tenter par Le Sang des dieux et des rois.
Ce premier tome a vraiment tout pour plaire, il faut simplement être patient, le temps que l'auteur pose les bases de ses personnages et de son univers. Ce qui est très réussi. J'ai vraiment hâte de lire ce que l'auteur nous réserve dans le tome 2 car tout est possible !



JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


Merci à la collection R pour cette découverte !


LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

  • Ce livre est le premier tome d'une saga en 4 tomes.
  • Le tome 2 Empire of Dust (titre VO) paraîtra le 28/06/2016 en VO.
  • Deux nouvelles sont également disponible en VO uniquement en ebook : Voice of Gods (un préquel à la saga) et Queen of Ashes (nouvelle concernant un personnage du tome 2).
  • Les droits d'adaptation télévisuelle ont été acquis par Warner Bros.

    lundi 21 mars 2016

    La Femme d'argile et l'Homme de feu

    Auteur : Helene Wecker

    Édition : Robert Laffont (site)

    Pages : 554

    Prix : 23 €

    Public : Adulte

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Lorsqu'elle se réveille en cette fin du XIXe siècle, Chava est enfermée dans une malle au fond d'un navire qui les emmène, elle et son nouveau mari, vers New York, loin de la Pologne. Faite d'argile, c'est une golème, créée par un rabbin qui s'est détourné de Dieu pour se consacrer à l'occultisme.
    Lorsqu'il se réveille, le djinn est violemment projeté sur le sol de l'atelier d'Arbeely, un artisan syrien. L'instant d'avant, c'est-à-dire mille ans plus tôt, cet être de feu aux pouvoirs exceptionnels errait dans le désert.
    La golème et le djinn, fantastiques immigrés, se rencontrent au hasard d'une rue. Eux seuls se voient tels qu'ils sont réellement. Chacun sait que l'autre n'est pas humain. Tous deux incapables de dormir, ils se donnent rendez-vous une fois par semaine, la nuit, pour arpenter les rues de Manhattan, qu'ils découvrent avec émerveillement.
    Mais une menace plane sur eux. Le créateur de la golème, d'un âge très avancé, est prêt à tout pour échapper à la mort. Et il a vu où se cachait le secret de la vie éternelle : à New York.


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    La couverture splendide, symbolique, le résumé, le titre, ce roman avait tout ce qu'il fallait pour me tenter. Du coup, je n'ai pas résisté. Et j'ai bien fait. Pourtant, vu le pavé, je craignais de ne pas être emballée et de mettre des mois à le finir... Ce qui ne fût pas du tout le cas, heureusement.

    Ce roman, c'est le dépaysement total, un voyage dans le vieux New York plus vrai que nature. Cette ville prend vie devant nos yeux. On voyage d'une culture à une autre, voire d'un pays à un autre grâce aux souvenirs de certains personnages, et tout cela est incroyablement enrichissant.
    J'avais l'impression, et à mon avis le style de l'auteur y est pour beaucoup, d'écouter un vieux sage me conter une belle histoire au coin du feu. Un vieux sage qui souhaiterait que j'en retire quelque chose. De la magie, de l'espoir, de l'humanité. Et ce roman, c'est justement un peu tout ça à la fois.
    Pour autant, ce n'est pas juste un conte tout beau tout mignon. C'est parfois cruel, et les deux héros vont devoir lutter contre leurs propres démons mais aussi contre ceux qui voudraient profiter de ce qu'ils sont. Et malheureusement, des personnes vont souffrir, c'est inévitable.

    L'auteur a donné naissance à deux héros hors du commun qui grandissent devant nos yeux. Chava et Ahmad sont très différents, et pourtant, ils se reconnaissent dans l'autre. Perdus tous les deux dans un monde qu'ils ne comprennent pas mais qu'ils vont apprendre à aimer ainsi que les humains qui le peuplent. Chacun va avoir une influence bénéfique sur l'autre, l'impétueux Ahmad va perdre un peu de sa colère et la pragmatique Chava s'ouvrir et s'imposer un peu plus. Ils ne sont pas humains et pourtant... l'auteur les a tellement bien croqués eux et leur relation tout en douceur !
    Et ajouté à ça, elle a en plus la bonté de nous construire une galerie de personnages secondaires impressionnants de réalisme et de profondeur, qui gravitent autour de nos héros sans pour autant dépendre d'eux. Des personnages auxquels on s'attache ou qu'on déteste, mais qui ont tous en point commun d'être réaliste et qui ont pour beaucoup droit à leur point de vue dans ce roman. L'auteur ne les a pas créé juste pour qu'ils fassent office de faire-valoir, ils ont une vie propre.

    Alors, certes, les deux cents premières pages ont été un cap difficile à passer pour moi, puisque je n'attendais que la fameuse première rencontre entre cette femme d'argile et cet homme de feu. Mais une fois passée la rencontre, tout le reste est passé comme une lettre à la poste. Et avec le recul, je me suis rendue compte que ces deux cents premières pages étaient nécessaires pour rendre les personnages plus profonds et pour construire des relations fortes et crédibles et amener plus d'émotions au lecteur.

    EN BREF :

    Une très belle histoire que je recommande sans hésiter pour ces personnages profonds, cette magie que l'on retrouve à chaque page, ces paysages et cette ville qui se déroule devant nos yeux à travers chaque mot et chaque personnage.
    Vous vous doutez donc à quel point j'ai été ravie d'apprendre qu'il y avait une suite de prévue ! Pour autant, ce premier tome dispose d'une conclusion tout à fait satisfaisante (mais je ne vais pas me priver du plaisir de retrouver Chava et Ahmad !).



    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Merci aux éditions Robert Laffont pour cette découverte littéralement magique !


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    • Ce livre est le premier tome d'une saga (nombre de tomes prévus inconnu à l'heure actuelle).
    • Le tome 2 The Iron Season paraîtra en VO en 2018.

    vendredi 5 février 2016

    Soeurs sorcières - Tome 3

    Auteur : Jessica Spotswood

    Édition : Nathan (site)

    Pages : 435

    Prix : 15,90 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    L'attaque de la prison d'Harwood a été un succès : des dizaines de jeunes femmes injustement enfermées par les Frères ont été libérées.
    Mais Cate ne peut s'en réjouir. Sa sœur Maura a basculé du côté de la violence : elle a effacé la mémoire de Finn, son amoureux, et a anéanti tous les Frères du Conseil.
    L'heure de la prophétie semble avoir sonné... Maura ira-t-elle jusqu'à tuer sa propre sœur ?


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

    Une trilogie qui se termine. Une excellente trilogie. Et comme d'habitude quand on aime une saga, on a à la fois hâte et pas hâte de la terminer.

    J'ai une nouvelle fois adoré Cate, sa colère (justifiée), ses faiblesses, ses forces, son évolution. L'évolution qu'à accordé l'auteur à certains personnages, le relief qu'elle leur a fait gagner - notamment Rilla, Alice et Rory - est juste parfait.
    Cate découvre d'autres facettes aux gens qu'elle connaît, elle non plus n'est pas à l'abri d'erreurs de jugement, et elle sait le reconnaître. De belles amitiés se nouent entre les filles, des amitiés qu'on ne pensait pas probables au départ.

    Jusqu'à la fin j'aurais cependant regretté l'absence du point de vue de Maura qui m'aurait aidé à la comprendre et donc à pouvoir m'attacher bien plus à ce personnage au fort complexe d'infériorité et très jaloux (ce qui aurait rendu les événements de ce tome d'autant plus émouvant). 

    La force de ce roman c'est aussi qu'on peut comprendre les mauvaises actions des sorcières. Je ne cautionne pas, mais il est tout à fait compréhensible qu'arrivées à bout, certaines optent pour la violence et prennent des décisions radicales.

    Des sujets graves (et toujours d'actualité finalement) sont abordés et toujours bien utilisés. Je trouve à cette saga une fibre résolument féministe, car sans cette histoire de pouvoir magique et de prophétie, c'est une histoire de femmes qui veulent récupérer leurs droit de vivre comme des être humains.

    EN BREF :

    Je vous conseille très vivement cette trilogie qui, contrairement à ce que le titre et la couverture laissent présager, n'a rien de niais et déjà-vu ! Je n'aurais pas refusé un petit épilogue quelques années après (il faut dire que j'en suis très friande, particulièrement concernant les sagas que j'adore). C'est une fin un peu triste quoiqu'il en soit, mais aussi un nouveau départ pour un meilleur avenir, une conclusion réussie.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Merci aux éditions Nathan pour ce tome final !


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    mardi 5 janvier 2016

    Soeur sorcières - Tome 2

    Auteur : Jessica Spotswood

    Édition : Nathan (site)

    Pages : 436

    Prix : 15,90 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Pour protéger ses sœurs, Cate a dû quitter son fiancé et rejoindre l'ordre des Soeurs. Le coeur déchiré, elle commence une nouvelle vie, entourée de sorcières qui voient en elle l’Élue de la prophétie, la sorcière la plus puissante de tous les temps. Certaines lui demandent même de prendre la tête d'une guerre ouverte contre les Frères. Cate résiste, refusant de recourir à la violence. Mais sa sœur Maura arrive bientôt au couvent et semble, elle, prête à tout pour renverser l'ordre des Frères...


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Attention : risque de spoilers sur le tome précédent !

    Après avoir adoré le premier tome, j'espérais beaucoup de ce second tome, et en même temps, toujours cette appréhension : le second pourra-t-il être à la hauteur du premier ? Bon, au final il ne se hisse pas à la hauteur du premier, mais cela reste une excellente suite.

    L'univers devient de plus en plus terrible. Je pense qu'en tant que fille, on ne peut que se sentir concernée par cette pression qui pèse sur elles. Les Frères votent des lois toujours plus restrictives. Je me suis une nouvelle fois sentie très engagée dans cette histoire, à tel point que j'avais la rage de voir les femmes subir cette injustice criante uniquement parce qu'elles sont nées fille.

    Il est vraiment toujours aussi agréable de découvrir toujours plus cet univers qui n'est ni noir ni blanc. Car dans cette suite, ce sont deux manières de combattre le régime oppresseur qui s'affrontent. Un duel bien illustré par la relation entre Cate et Maura qui se dégrade au fur et à mesure. Une dégradation encouragée par les choix cruciaux que chacune va faire.
    De même, dans le camp des Frères, on découvre que tous ne partage pas les mêmes opinions, ce que Finn va permettre de mettre en avant.

    Concernant les personnages, Maura est de plus en plus insupportable. Tant et si bien que j'aurais aimé avoir son point de vue pour être capable de la comprendre. Elle est d'une jalousie à faire peur et est prête à faire passer son ambition personnelle avant ses sœurs. Sans son point de vue, il m'est totalement impossible de m'attacher à ce personnage que je trouve détestable.
    Finn est bel et bien toujours là, cependant le couple n'est plus sur le devant de la scène (ce qui n'est pas un mal). En effet, Cate a beaucoup d'autres chats à fouetter, notamment concernant son rôle dans la prophétie et les responsabilités qui pèsent sur elles et dont elle ne veut pas vraiment.
    En plus de retrouver d'anciens personnages et d'apprendre à mieux les connaître, on découvre de nouveaux personnages, notamment grâce à l'ordre des Sœurs, et qu'ils soient attachants ou détestables, c'est toujours intéressants.

    EN BREF :

    C'est donc, un très bon second tome qui poursuit bien l'intrigue, sans rallonge inutile et répétitions, mais il m'a manqué ce petit quelque chose pour que je sois aussi conquise qu'au tome 1 (je pense que le début de la relation entre Cate et Finn m'a manqué, c'est le charme que le tome 1 avait en plus). La fin est  quant à elle à briser le cœur et je vois mal comment certaines relations vont pouvoir s'améliorer, des choix irrémédiables sont faits et la réalisation de la fameuse prophétie arrive à grand pas.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Merci aux édition Nathan pour la lecture de la suite de cette saga !


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    • Chronique du tome précédent :

    jeudi 6 février 2014

    Belle Époque

    Auteur : Elizabeth Ross

    Édition : R (site)

    Pages : 396

    Prix : 17,90 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Paris, 1889. Maude Pichon s'enfuit à 16 ans de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage forcé et découvre Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'Exposition universelle. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi vite que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle :
    ON DEMANDE
    Des jeunes femmes pour faire un ouvrage facile.
    Bienséance respectée.
    Présentez-vous en personne à l'agence Durandeau,
    27, avenue de l'Opéra, Paris.
    L'agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le faire-valoir. Étranglée pas la misère, Maude postule...


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Belle Époque est un roman (et pas le début d'une saga, s'il-vous-plaît !) qui me tentait beaucoup, notamment grâce au sujet de départ, mais aussi grâce à son contexte historique, puisqu'il n'y a pas tant de romans young adult historiques que ça malheureusement... Et si ce n'est certes pas un coup de cœur, point déçue je n'ai été tout de même.

    La dictature des apparences est un sujet qui ne prend (malheureusement) pas une ride. De ce fait, ce roman au contexte historique paraît bien actuel sous certains aspects et c'est ce qui le rend d'autant plus intéressant. Maude évolue dans un monde où les apparences et l'argent sont tous ce qui compte. Tout n'est que faux-semblants et hypocrisie.
    J'ai aimé ce parallèle constant entre la Tour Eiffel en pleine construction et notre héroïne, qui se construit également d'ailleurs. Toutes deux moquées et jugées disgracieuses, et pourtant, quand on voit ce qu'il en est aujourd'hui pour la Tour, et pour Maude à la fin du récit... Un beau symbole. C'est d'ailleurs ce qui fait que j'apprécie plus la couverture après ma lecture.
    Il est important de noter que Paris n'est pas idéalisée ici, ç'aurait pourtant pu être le cas puisque l'auteur n'est pas française.

    Maude, c'est mademoiselle tout-le-monde. Une fille ni très intelligente, ni complètement stupide, ni jolie, ni moche. Une fille banale, en qui beaucoup de lectrices devraient se reconnaître. Je l'ai trouvé attachante justement grâce à normalité et j'ai apprécié la suivre, même beaucoup apprécié.
    Par contre, il y un moment dans le récit où le comportement de Maude est totalement incohérent. Elle se comporte de façon horrible et cela arrive comme un cheveu sur la soupe. Venant de Maude, ce n'est pas crédible pour un sou. L'auteur voulait sûrement un passage dans son roman où Maude tourne mal, et malheureusement, cela ne sied pas au personnage et à son tempérament. C'est ainsi que je l'ai ressentie en tout cas.

    Concernant Isabelle, je ne l'ai pas plus apprécié que ça. Son côté froid et scientifique sans doute. Mais c'est surtout son comportement méprisant avec les domestiques qui me l'ont rendue antipathique. Du coup, son amitié avec Maude, qui aurait dû me rendre Isabelle plus attachante, ne m'a pas plus émue que ça...
    A contrario, Marie-Josée, l'un des fameux repoussoirs du roman, est une femme tout à fait attachante. Adorable, vivante, énergique, altruiste, c'est un sacré personnage !
    J'ai regretté tout de même que, mis à part le cas d'Isabelle, il y ait un certain manichéisme chez les personnages parfois... Les riches sont bien souvent du mauvais côté par exemple. Je pense qu'il y aurait eu moyen de les rendre un peu plus complexes que ça, en approfondissant des personnages secondaires par exemple, mais cela ne se fait pas. Il faut dire aussi que c'est un one-shot, que le développement des personnages secondaires ne se fasse pas vraiment reste compréhensible.

    Il y a présence d'une romance, toute mignonne, toute simple, vraie. Elle prend peu de place, mais cela suffit. Pas de grandes effusions, de prises de tête à n'en plus finir. Juste deux personnes qui se rencontrent au hasard, apprennent à se connaître au fil de leurs rencontres fortuites et construisent d'abord une amitié. Ça fait un bien fou !

    L'idée de joindre en fin de roman la nouvelle Les Repoussoirs d'Emile Zola (nouvelle qui a inspiré à Elizabeth Ross ce roman) est excellente. Je ne suis pas adepte des romans classiques (merci les cours...) et pourtant je me suis plongée dans cette nouvelle avec plaisir. Donc si cela contribue à faire passer les lecteurs - même les plus jeunes - du contemporain au classique facilement, c'est tout benef'.

    EN BREF :

    Un roman que j'ai pris plaisir à lire d'un bout à l'autre, au sujet universel et pourvu d'une héroïne humaine. Cela manquait encore trop d'émotions pour pouvoir dire avoir adoré en revanche, mais ce fut un bon moment et le message diffusé est plus qu'utile.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Merci à l'équipe de la collection R pour cette lecture !

    jeudi 12 septembre 2013

    Soeur des cygnes

    Auteur : Juliet Marillier

    Édition : L'Atalante (site)

    Pages : 350

    Prix : 17 €

    Public : 15 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Au domaine de Septenaigue, au cœur de la forêt, vivait une fratrie de sept enfants dont Sorcha, la benjamine, était la seule fille. Leur mère était morte, leur père toujours en campagne militaire contre les Britons. Mais un jour il décida de se remarier...
    Ainsi commence l'aventure de Sorcha. De l'Irlande aux côtes britanniques, une longue et douloureuse épreuve l'attend pour sauver ses frères d'une cruelle malédiction.


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Cela fait un moment que j'ai ce livre dans ma PAL, et je me souviens l'avoir acheté grâce aux chroniques très positives que j'avais pu lire ici et là. Cependant, avant de le commencer, pour m'encourager un peu (parce qu'avec le temps, le livre ne me disais plus grand chose finalement...), je suis allée à la recherche de chroniques. Des chroniques qui, bien que très positives, m'ont fait penser que j'allais peut-être bien m'ennuyer (ce que je pressentais) car ce qui ressortait était l'absence d'action et le fait que ce soit un roman beau et contemplatif, ce qui n'est pas forcément ma tasse de thé. Du coup, ce n'est pas forcément du bon pied que je l'ai commencé.

    Les premières pages m'ont tout d'abord donné raison. L'héroïne nous raconte son enfance, son lien avec ses frères et son père. Il faut plus d'une centaine de pages pour voir tomber la malédiction promise par le résumé. Mais même si je l'attendais un peu, je ne me suis pour autant pas ennuyée pendant toutes ces pages.
    Le roman m'a en effet très rapidement prise dans ses filets, en à peine quelques pages. Car, oui, c'est lent, en partie parce que l'auteur prend le temps de poser toutes les bases de ses personnages et une atmosphère particulière. Mais l'auteur sait nous emmener ailleurs avec ses mots. Elle sait rendre son style captivant. Et en ne précipitant pas les choses, l'auteur parvient à rendre les émotions et les sentiments de ses personnages d'un réalisme stupéfiant. Elle creuse l'humanité de ses personnage et leur psychologie est poussée et réaliste.

    Lorsque l'héroïne nous parle des contes de son enfance, on a l'impression d'une mise en abîme, car ce livre est aussi un conte, un conte cruel et noir, à l'atmosphère mystique et dont l'héroïne est Sorcha.
    Ce n'est donc pas un conte gentillet que vit Sorcha. Loin de là. C'est même aussi cruel que les récits mythologiques que l'on peut connaître et que Sorcha raconte parfois. Les épreuves qu'elle doit surmonter dépasse l'entendement. Pour tout dire, à chaque fois que je lisais que l'héroïne n'avait pas encore subi la pire des épreuves (puisque Sorcha nous raconte son histoire au passé), je me disais que ce n'était juste pas possible. Il était difficile pour moi d'imaginer encore pire. Heureusement pour elle, Sorcha dispose d'une force morale assez hallucinante, aidée par l'amour qu'elle voue à ses frères. Cependant, elle reste humaine, et ces épreuves la marquent à jamais. On sais pertinemment que ses frères et elle, ne seront plus jamais ceux qu'on a connu au début du récit. Et ça, c'est très douloureux pour le lecteur.
    Le récit de Sorcha m'a émue, car les pertes sont dures, parfois insoutenables. À chaque page tournée, je craignais pour les protagonistes. Il y a des passages du roman insupportables, qui m'ont complètement retourné. Sans que l'auteur fasse pourtant dans le voyeurisme, car cela passe en grande partie par les émotions et les mots.

    Chacun des frères de Sorcha a une personnalité unique, et ils sont tous aussi attachants les uns que les autres. Certains sont plus spéciaux que d'autres, mais ils se vouent tous un amour sans bornes. J'ai personnellement un faible pour Finbar. Un jeune homme passionné, intègre, silencieux et rejeté injustement par son père (je ne vous raconte pas comme leur père m'a énervé !).
    L'amour qui lie Sorcha et ses frères est si fort qu'il m'a émue. Et il en faut pour me toucher ! C'est beau. Tout simplement. S'il y a bien un aspect de ce roman qui me rendait anxieuse d'ailleurs, c'est l'idée même que toutes les épreuves que doivent traverser Sorcha et ses frères ne viennent à bout de l'amour qui lie cette fratrie. On s'y attache tellement que c'est une peur constante.

    Le folklore irlandais est quant à lui bel et bien présent, conférant une ambiance magique au roman grâce aux contes, aux créatures, à la magie. Ce n'est cependant pas une magie flamboyante à laquelle nous avons affaire, mais plutôt discrète, en filigrane, presque naturelle. D'ailleurs, les manifestations de créatures magiques sont tellement normales pour Sorcha qu'elle ne se pose pas de questions. Elle a grandi dans ces croyances et cela fait partie de son univers.
    En arrière-plan se trouve également le conflit avec les Britons, la guerre qu'on ne voit pas puisque le domaine de Septenaigue est à l'abri, mais dont les conséquences sont visibles chez les personnages surtout. C'est un aspect beaucoup plus réel que le reste, mais tout aussi cruel.

    Après, concrètement, j'aurais aimé que le roman aille plus loin. Mais pour autant, je n'ai pas ressenti de longueurs, il n'y a pas eu de passages où j'ai dû lutter contre mon ennui, malgré le fait que l'auteur détaille les années qui passent. Ce qui est assez hallucinant en soi. Car l'héroïne nous raconte son enfance, ou du moins une partie, et je pensais subir un peu le récit comme d'habitude lors de passages pareils, mais en fait, au fur et à mesure des pages, je me suis surprise à ne plus vouloir lâcher le bouquin tant je voulais connaître la suite à chaque fois. Et c'est là que je me disais qu'il me fallait impérativement la suite sous la main, alors que je le commençais à peine.

    En fin de compte, ma vraie grande déception vient de la disparition d'un de mes personnages favoris. On nous dépeint un jeune homme très intéressant, qui évolue et qui à matière à évoluer encore, mais alors que je voyais en lui le potentiel pour devenir un personnage important, l'auteur le fait disparaître. J'ai attendu sa réapparition tout au long du récit en vain. Je m'attendais clairement à autre chose, à ce qu'il devienne un des protagonistes principaux de l'histoire de Sorcha. Et je reste assez dégoûtée vu le potentiel...
    La place qu'il aurait pu avoir est finalement remplie par un nouveau personnage qu'on rencontre en fin de roman et qui me plaît beaucoup moins. Il a l'air trop parfait : fort, viril, chevaleresque, ... Mouais. C'est pas ma tasse de thé quoi.

    EN BREF :

    Voilà donc une histoire magistralement contée par son auteur, enchanteresse, où chaque personnage est creusé et où les émotions sont retranscrites avec un tel degré de réalisme et d'humanité que c'en est stupéfiant. Autant vous dire que je n'avais même pas encore fini le roman que j'avais déjà hâte de lire la suite. D'autant que l'histoire commence à peine ici (ce qui est peut-être un peu désagréable par contre...).


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    • Ce livre est le premier tome d'un diptyque qui s'inscrit dans une saga de 6 tomes au total (divisée en 3 dyptiques).
    • Il faut savoir que la saga originale est en fait une trilogie, mais chacun des tomes est divisé en deux livres dans l'édition française. Le premier tome original Daughter of The Forest correspond à Soeur des cygnes - Tome 1 et Soeur des cygnes - Tome 2 en VF.
    • Tous les tomes de cette saga sont disponible en VF aux éditions L'Atalante.

    mardi 4 juin 2013

    Soeurs sorcières

    Auteur : Jessica Spotswood

    Édition : Nathan (site)

    Pages : 392

    Prix : 15,50 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Ma chère et courageuse Cate,
    La sibylle a prédit ceci : à l’aube du XXe siècle trois sœurs atteindront l’âge de décision, toutes les trois sorcières, et l’un d’elles sera la plus puissante sorcière de tous les temps.
    Cate, je suis si inquiète pour toi. Si, après Maura, Tess est sorcière aussi, il semble hélas probable que vous soyez les sœurs dont parle la prophétie. Tu seras alors traquée par ceux qui voudront se servir de toi.
    Cette prophétie dit autre chose encore, bien pire à mes yeux, mais je préfère ne pas tout écrire dans ces pages, de crainte qu’elles ne tombent en de mauvaises mains.
    Avec tout mon amour, Maman.


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    J'ai commencé ce roman sans a priori positif ou négatif. Je ne m'attendais à rien de spécial. Pour tout dire, j'avais à peine survolé le résumé dont je n'avais pas gardé beaucoup de souvenirs. Je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre, et quel fût ma surprise !

    J'ai été en effet happée dès les premières pages, notamment grâce à l'univers créé par l'auteur. Un univers situé dans une Angleterre de fin du XIXè siècle. Mais une Angleterre imaginaire. Car même si on est toujours dans le monde qu'on connaît, son Histoire n'est plus du tout la même, les sorcières étant partie intégrante du monde et faisant donc partie de cette Histoire (comme on peut le voir dans La Trilogie de Bartiméus de Jonathan Stroud pour ceux qui connaissent, mais avec des démons).
    Avant l'époque que le roman aborde, les sorcières étaient d'ailleurs au pouvoir et la société était tolérante et ouverte. Puis les Frères ont pris le pouvoir, posé la religion comme base absolue. S'en est suivi une véritable chasse aux sorcières et la femme a été reléguée au rang d'objet au potentiel maléfique. Elles sont donc opprimées, obligée d’obéir aux hommes en tout point, interdite de savoir, de responsabilités, éduquées seulement à penser qu'elles sont mauvaises et sont condamnées à devoir toujours lutter contre leurs faiblesses. Ajoutons à cela les accusations régulières de sorcellerie qui continuent, qu'elles soient fondées ou pas, et voilà en gros les bases de l'univers. L'Histoire de ce monde est bien assez abordée pour qu'on saisisse le pourquoi du comment de la situation actuelle petit à petit (les frontières des pays sont fermés, ce qui ne nous empêche pas d'apprendre que la société évolue différemment ailleurs et pourquoi l'Angleterre est métissée).

    Et surtout, j'ai été totalement emportée par cet univers au charme rétro ! Ah la la, ces belles robes, ces manières, ce parler soutenu... C'est très "Austennien" en fin de compte, même si on est sur la fin du XIXè siècle. Et puis, il y a aussi cette pression permanente sur les individus, surtout sur les femmes, principalement à cause de la religion qui dirige toute la société, qui rend le tout encore plus passionnant. Je me suis sentie avec toutes ces filles, concernée par leur sort peu enviable.

    Alors, oui, il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'action étant donné l'univers. Mais l'intrigue pleine de secrets et de pression permanente fait que ça ne manque pas, on reste accroché aux pages. De plus, si on peut avoir l'impression qu'on est en présence de deux camps "bien" et "mal", plus on avance, plus on se rend compte que le camp du bien n'est pas vraiment tout blanc...
    La magie en elle-même n'est pas follement originale, mais ça marche et c'est tout ce qui compte. Et elle est complètement inclue dans l'intrigue. Les trois sœurs sont prises dans quelque chose qui les dépasse carrément, et d'elles pourraient dépendre le destin de toute une société. Au début, j'étais un peu sceptique vis à vis de l'apport d'une prophétie, chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas, mais au fur et à mesure j'en suis venue à finalement retourner ma veste car elle apporte pas mal de suspens et d'interrogations, et surtout, un vrai but à la trilogie. On a un fil rouge, on sait vers quoi on se dirige. On peut d'ailleurs avoir un peu l'impression que l'intrigue est prévisible, mais la suite et fin du roman nous détrompe. Le suspens reste entier et on n'a plus qu'à émettre moult hypothèses en attendant le prochain tome.

    Concernant les trois sœurs justement, l'héroïne, Cate, m'a beaucoup plu. C'est une fille mature, qui a la tête sur les épaules. J'ai aussi apprécié l'impétuosité de la flamboyante Maura, la deuxième sœur. Cependant, au fil du récit, je l'ai de moins en moins aimé. J'ai eu l'impression qu'elle était beaucoup plus détachée de ses sœurs, égoïste et immature, et je trouve ça dommage quand on sait que Cate les aime toutes les deux plus que tout au monde et fait tout pour elles. Quant à la troisième soeur, Tess, elle est mignonne du haut de ses douze ans, mais je n'ai pas eu d'attachement particulier envers elle.
    Non, vraiment, c'est la narratrice et héroïne, Cate, qui a remporté toute mon adhésion. Elle tait souvent ses opinions, mais c'est pour sa sécurité, et quand elle peut l'ouvrir, elle ne se gêne pas pour le faire. Me reste un exemple en tête où, alors qu'un quiproquo sentimental aurait pu durer encore des pages et des pages, elle l'écourte en exprimant clairement ce qu'elle ressent, quitte à s'énerver (mais moi je l'aime bien quand elle s'énerve !). Elle n'est pas non plus téméraire, et c'est pour moi ce qui en fait un personnage très réaliste. Ses décisions sont censées, elle réfléchi avant d'agir. Ce qui ne l'empêche pourtant pas d'avoir une sacrée force de caractère pour endurer toute cette pression familiale et sociétale qui pèse sur elle en tant que femme, aînée et sorcière. Mais une force de caractère qu'elle utilise à bon escient. Il y en a qui pourrait trouver qu'elle hésite pas mal, mais quand on a tout son avenir en jeu, il est logique de ne pas prendre une décision sur un coup de tête. Je me suis vraiment attachée à cette héroïne équilibrée et surtout très humaine.

    La galerie de personnages secondaires est elle assez impressionnante. Ils sont tous bien caractérisés, uniques, et surtout bourrés de secrets et réservent bien des surprises au cours de la lecture.

    Quant à la romance, bien évidemment attendue au tournant, elle a pris pour moi un tournant inattendu et vraiment pas déplaisant. On peut avoir l'impression que c'est du tout cuit dès le début, puis on finit pas émettre des doutes et au final on sent que ça prend peu à peu une autre direction que celle attendue. Personnellement, j'ai adoré, le personnage masculin en question étant des plus attachants. Pourtant, il ne paie pas de mine au début, mais comme Cate, plus on avance, plus on est charmé par ce jeune homme érudit, charmant, respectueux, mais aussi déterminé, timide. Enfin bref, je l'ai adoré !
    Le contexte historique où les interdits sont légion amène à la romance une touche en plus. La tension est permanente, le moindre geste devient important quand on a à peine le droit de se toucher entre homme et femme. Alors attention, cela ne veut pas dire que la romance est platonique ! Mais ce sont ces interdits qui font monter la pression petit à petit et nous font encore plus apprécier les moments où les deux concernés peuvent enfin se retrouver. Personnellement, mon sourire d'abrutie quand je lisais vaut tout les arguments que je pourrais sortir. La romance est bien traitée, avec évolution et sans déclaration d'amour lourdingue.

    Le style est bien adapté à l'époque (surtout dans les dialogues) tout en restant sans lourdeur à la lecture et sans en faire trop. Le charme de l'époque est là, mais la fluidité aussi. Un équilibre parfait. J'ai adoré !

    EN BREF :

    Parvenue à la fin de ce premier tome, je dois avouer que je ne sais pas du tout comment tout cela peut bien finir. Tout paraît pouvoir partir en vrille à tout instant. Il n'y a aucune certitude. Et ça donne carrément envie de lire la suite ! J'ai été charmée autant sur le fond que sur la forme, l'auteur a parfaitement réussi à équilibrer tous les aspects de son roman, et j'ai vraiment envie de savoir comment vont pouvoir s'en sortir tous les personnages. De plus, c'est un livre qui, malgré son contexte historique, met sur le devant de la scène des sujets encore d'actualité, comme la place de la femme dans la société, ou celle de la religion et de l'homosexualité.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Un grand merci aux éditions Nathan pour cette découverte !


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    • Ce livre est le premier tome d'une trilogie.
    • Le tome 2 Star Cursed (titre VO) paraîtra le 18/06/2013 en VO
    • Le tome 3 paraîtra en 2014 en VO.

    vendredi 8 février 2013

    Merlin - Tome 1 : Les années oubliées

    Auteur : T. A. Barron

    Édition : Nathan (site)

    Pages : 355

    Prix : 15,50 €

    Public : 8 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Le jeune Emrys ignore tout de son identité. Ses premiers souvenirs remontent à l’âge de sept ans, lorsqu’il s’est réveillé sur une plage…
    Une femme guérisseuse, Branwen, prétend être sa mère. Mais il refuse de la croire.
    Aujourd'hui adolescent, Emrys est déterminé à découvrir qui il est. D'autant qu'il s'est mis à développer des pouvoirs hors du commun, qu'il ne parvient pas à contrôler.
    Sa quête le mène sur la mystérieuse île de Fyncaria, peuplée de créatures aussi merveilleuses qu'inquiétantes.


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    J'ai commencé cette lecture avec un peu d'appréhension je dois l'avouer. Ce n'est pas un titre qui m'attirait particulièrement à la base. Pour la simple raison que j'avais peur que ce soit beaucoup trop jeunesse pour moi qui ai une préférence pour les romans ado/jeunes adultes. Ce fût finalement une sympathique découverte, même si, comme je le présageais, un peu trop jeunesse à mon goût.

    Ce qui m'a marqué tout d'abord, c'est que l'auteur ne s'est pas lancé dans le sujet "Merlin" au hasard. Il connaît bien le personnage, et ça se sent. De même qu'il connaît l'époque et la mythologie celte/britannique.
    Pourtant, l'auteur ne s'est pas contenté de recopier bêtement les légendes, il les utilise, les modifie et les implante dans son intrigue de sorte que le tout forme une intrigue et un monde à la fois cohérents et personnels. On sait qu'il y a plusieurs versions de l'histoire de Merlin, et l'auteur en a choisi certains aspects, sans les copier totalement, même si on reconnaît les bases (notamment sur les parents de Merlin).

    On suit donc l'aventure avec un grand A d'Emrys. Cependant, j'ai trouvé cela parfois un peu trop facile au niveau des rebondissements. Et c'est là que le côté jeunesse m'a dérangé (en plus des relations entre les personnages). Ça reste un peu "gentil". Pas trop non plus, mais ça l'est quand même. Ce qui m'a le plus choqué, c'est notamment de voir un garçon de 12-13 ans construire un radeau et partir voguer sur l'océan, seul. J'ai eu vraiment du mal à y croire. Cependant, ceux qui ont l'habitude et qui apprécie les livres jeunesse y trouveront leur compte.
    On suit surtout le jeune héros dans sa quête d'identité. Une quête qui le mènera dans un voyage semé d'embûches. Le charme fonctionne, même si, comme je le disais, le déroulement des évènements est trop facile.
    La fin est cependant un peu plus passionnante que le reste. Notamment grâce à la révélation finale. Par ailleurs, la plupart des révélations sont assez prévisibles, mais sans que cela ne gâche le charme de l'histoire.

    L'écriture m'a paru par contre assez décalée par rapport au jeune âge du héros (puisque l'histoire est à la première personne du singulier). Bien écrit (et traduit) certes, mais de la bouche d'un jeune garçon, cela m'a paru déplacé. Mais bon, c'est peut-être parce que c'est Merlin après tout.

    Du côté des personnages, je n'ai pas accroché. Peut-être à cause de leur jeune âge, je ne me suis pas attachée, sentie concernée pas leur sort et encore moins reconnue en eux (et c'est ce dernier point qui est sûrement responsable de mon non attachement aux héros). Du coup, même si j'ai apprécié l'aventure, je me suis sentie détachée des personnages.
    Exception faite de deux protagonistes. Le premier, un faucon, est un petit animal dont je me suis prise d'affection au fil des pages. Il est d'un courage, d'une loyauté et d'une ténacité à toute épreuve. Et la deuxième est Branwen, dont le destin, la dignité et le chagrin silencieux m'ont touchée.
    La relation entre Emrys et la jeune fille qu'il rencontre n'a pas remporté mon adhésion. Un côté trop jeunesse (encore), et surtout, ils construisent une amitié et une confiance bien trop rapides. Bref, cela ne m'a pas paru assez solide pour être crédible.

    Ce qui m'a le plus plu dans ce roman, c'est l'univers développé par l'auteur. Un univers de légende, de magie et peuplé de créatures fantastiques. En tant que simple amatrice de la légende arthurienne, je ne sais pas quelle est exactement la part d'inspiration empruntée à la légende (et ses variantes) et quelle est la part totalement imaginée. Il me semble (d'après mes maigres connaissances) que l'auteur, pour coller au personnage de Merlin, s'inspire toujours de la légende et construit quelque chose avec. Toujours est-il que l'univers est riche, étonnant, et surtout, il fait voyager notre imagination.

    EN BREF :

    Ce premier tome n'est que la première étape du voyage qui mènera vers le Merlin de nos légendes. Aventure, magie, créatures fantastiques et univers imaginatif sont au rendez-vous. J'ai aimé découvrir encore une nouvelle version de ce personnage légendaire (surtout après avoir fini la série Merlin de la BBC, c'était le moment parfait).
    Voilà donc un roman jeunesse de qualité, je le reconnais. Et même si cela adopte un ton trop jeunesse pour moi, je jetterai un coup d’œil sur la suite, pour l'univers et pour voir le héros grandir (et du même coup, peut-être être un peu plus ado que jeunesse).



    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :


    Un grand merci aux éditions Nathan (Lire en Live) pour cette lecture !


    LA TORTIONNAIRE VOUS EN DIT PLUS...

    • Ce roman est le premier tome d'une saga de 12 tomes.
    • Le tome 2 Les sept Chants du Magicien paraîtra en avril 2013 en VF chez Nathan.
    • Le tome 3 L’Épreuve du Feu paraîtra en juillet 2013 en VF chez Nathan.
    • La saga complète est disponible en VO.

    mercredi 25 juillet 2012

    Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre

    Auteur : Ruta Sepetys

    Édition : Gallimard Jeunesse (site)

    Pages : 416

    Prix : 14 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Lina est une jeune Lituanienne comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient.
    Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, dix-sept ans, affiche la même combativité qu'elle...


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Voilà un roman qui me faisait très envie, mais je dois avouer que j'avais peur que ce soit trop noir ou déprimant vu le sujet. Mais au final, ça ne l'est pas vraiment. Enfin, bien sûr que vu le thème vous n'allez pas voir des cœurs flotter avec des ballons roses et verts. C'est même dur. Mais ce n'est pas déprimant. On a même un vrai message d'espoir je trouve.

    L'auteur soulève un pan de l'Histoire qu'on ne connaît pas forcément très bien. Surtout que, si l'auteur a inventé la majorité de ses personnages, les évènements sont eux bien réels et basés sur des témoignages de survivants. L'auteur a fait de véritables recherches, des voyages, d'autant plus que cette histoire fait partie de ses origines. Ce qui rend le roman crédible et donc encore plus émouvant. Et quand on se dit que des gens ont survécu à tout ça, ça remet nettement les choses en perspective. Mais ce n'est pas un cours d'Histoire pour autant ! On suit Lina, son histoire à elle.

    Lina est une héroïne forte, même si je l'ai trouvée parfois complètement inconsciente, et bien construite. J'ai bien apprécié les souvenirs de Lina qui parsèment le roman comme pour comparer la Lina d'avant et celle qu'elle doit devenir par la force des choses, sans se désavouer pour autant.
    Les autres personnages, même les plus agaçants, finissent souvent par montrer un visage qu'on ne leur connaissait pas, plus positif. On a vraiment envie de soutenir tout ce petit monde. Tout ces héros silencieux, attachants, comme la mère de Lina, celle d'Andrius, ou même le petit Jonas.
    J'ai par ailleurs apprécié que l'auteur n'ait pas fait de côté tout noir ou tout blanc. J'ai surtout été marquée par un garde du NKVD qui, même s'il est loin d'être innocent, est capable de compassion et nous montre que lui aussi est peut-être prisonnier à sa façon.

    Au milieu de toutes ces horreurs que les personnages subissent, les simples moments de bonheur sont de véritables oasis. Les liens entre les personnages grandissent ou se solidifient dans les épreuves. Comme dans la famille de Lina, qui reste unie envers et contre tout et parvient à garder ses valeurs malgré tout ce qui leur arrive (c'est là que je trouve le titre français très bien choisi !). Ou encore ce qui lie Andrius et Lina, qui arrive petit à petit et vraiment naturellement au milieu de tout ça. L'auteur ne s'appesantit pas sur leur relation, elle est discrète et s'intègre parfaitement à l'histoire.

    Je regrette seulement que le roman n'aille pas plus loin. Pour moi il s'arrête trop tôt, et il m'est resté trop de questions sur le sort des personnages. Surtout que je m'étais attachée à certaines personnalités et j'aurais donc aimé en savoir plus, même sur les personnages principaux d'ailleurs.

    EN BREF :

    Je pense qu'on ne peut pas faire autrement que d'être saisi devant le destin de ces personnages. Ça été pour moi une lecture choc, édifiante, et qui m'a pris aux tripes du début à la fin, sans me déprimer à mort pour autant. Une vraie leçon de vie ! Et puis ce roman, en plus d'être un message d'espoir, nous rappelle aussi l'importance du devoir de mémoire.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :

    dimanche 13 novembre 2011

    Pépites

    Auteur : Anne-Laure Bondoux

    Édition : Bayard Jeunesse (site)

    Pages : 251

    Prix : 11,90 €

    Public : 15 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    A vingt ans, Bella Rossa est une jeune femme splendide, aux cheveux flamboyants et à la vitalité hors du commun. Pourtant, depuis sa naissance, son existence n'est qu'une suite de calamités.
    Lorsque la guerre arrive à Maussad-Vallée, elle décide que le moment est enfin venu de partir à la recherche de la fortune : elle a son idée !
    Et tant mieux si, en chemin, elle trouve le bonheur...
    Embarquant son père paralysé et sa collection de casseroles, Bella Rossa se met en route vers l'Ouest.
    Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle manquera de mourir par la faute d'une pépite et que l'Ouest lui réserve des rencontres aussi dangereuses que formidables.
    Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il existe des pépites plus précieuses que celle des chercheurs d'or...


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    L'univers est très différent de ce à quoi je suis habituée. Sachant que l'histoire se déroule dans l'Ouest, je m'attendais vraiment à y voir cow-boys, shérif et compagnie, et ce genre n'est pas du tout ma tasse de thé. Mais heureusement, le récit ne va pas sur ce terrain-là en réalité.

    J'ai apprécié l'héroïne, une jeune femme forte et déterminée. Elle sait ce qu'elle veut et ne s'en laisse pas conter. Mais sous sa façade dure et vulgaire, elle a un cœur gros comme ça. Ceux qui aiment les personnages forts ne pourront que se laisser séduire par cette fille qui en a vu de toutes les couleurs.

    Et le style est à l'image de Bella Rossa : percutant et sans détour. Ses répliques et celles de son père sont familières et crues, mais cela fait partie du paysage, de l'univers et c'est ce qui fait aussi je me suis crue en plein dans l'Ouest.

    Là où le roman pêche pour moi, c'est côté romance. Jaro et Bella Rossa sont certes mignons, mais ça ressemblait un peu trop au coup de foudre pour moi (et j'y suis assez réfractaire...). Si leur relation était arrivée plus lentement, j'aurais bien plus apprécié. Mais si ça n'avait été que ça, ça aurait pu passer quand même. Parce que mon plus gros problème reste le personnage de Jaroslaw lui-même. Il m'a pourtant plu dès le début. Cependant, plus le récit avance, plus les travers de Jaro se dévoilent et c'est ce qui a fait toute la différence de mon côté. Il se révèle coureur de jupons et irresponsable et, à cause de lui, la romance manque de "romantisme" justement.
    D'un autre côté, ceux qui préfèrent des évolutions de couples beaucoup plus terre-à-terre, mature et pas naïve pour un sou devraient y trouver leur compte (et pour le coup, ça l'était un peu trop pour moi malheureusement... je crois que j'ai besoin d'un juste milieu).

    En revanche, j'ai ressenti tout le contraire concernant la relation entre Bella Rossa et son père. Au début, je me suis demandée comment elle pouvait supporter de vivre avec un père pareil, mais petit à petit, je me suis rendue compte de la tendresse évidente qu'il y a derrière les insultes, les menaces, le langage de charretier et la dureté de Bella Rossa et Lom Pa.

    EN BREF :

    J'ai voyagé et le dépaysement a été total, mais pas au travers de ce qu'on voit dans les westerns. J'ai découvert les villes, les marchands ambulants et les mines d'or. Ce roman est un véritable road-trip peuplé de personnages frappants et où chacun va apprendre à se construire ou à se reconstruire et à se découvrir. Les principaux protagonistes sont bien construits et ont chacun un vécu et une personnalité qui les rendent uniques. Malheureusement, malgré ses qualités, le charme n'aura pas été complet sur moi...


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :

    mardi 20 septembre 2011

    Prada & préjugés

    Auteur : Mandy Hubbard

    Édition : Wiz Albin Michel (site)

    Pages : 312

    Prix : 13,50 €

    Public : 12 ans et +

    Commander le livre : sur Amazon

    Résumé :

    Qui a dit qu'une paire de Prada ne pouvait pas changer votre vie ?
    C'est pourtant ce qui arrive à Callie. Chaussée de ses fabuleux escarpins, elle se tord la cheville. Se cogne la tête. Et se réveille devant un magnifique château... en 1815. Il ne manquerait plus qu'un duc. Eh bien, le voilà. Vêtu comme un personnage de Jane Austen, arrogant, insupportable, exquis. Un garçon à qui on enverrait bien une Prada à la figure !


    L'AVIS DE LA TORTIONNAIRE :


    Voilà un livre que j'ai dévoré sans m'arrêter. Et je n'aurais jamais cru être aussi accro au point de tout lire d'un coup.

    La narration est à la première personne. Et Callie nous raconte son histoire de façon simple et naturelle. Le roman est l'affaire de quelques heures et se lit vraiment sans effort. Personnellement, je me suis laissée emporter assez facilement.

    Il est vrai que l'héroïne, malgré le fait qu'elle soit apparemment intelligente, n'est pas très fut-fut et ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez. Et puis, pour une fille timide, je peux vous assurer qu'elle ne se laisse pas tant que ça marcher sur les pieds une fois en 1815 (c'est d'ailleurs assez illogique ce changement radical...).
    Cependant, voir son petit monde moderne et ses convictions se heurter aux règles strictes et à la bienséance de l'Angleterre de 1815 - avec ses robes, ses bals et surtout ce duc aussi arrogant que séduisant - est un vrai régal. Les échanges entre l'héroïne et le duc sont aussi expéditifs qu'explosifs et leur rapprochement arrive finalement au moment où on s'y attend le moins (mais qu'est-ce qu'elle est réussie cette scène ! Attention, soupirs romantiques en vue ! ;)). Ceux qui aiment les histoires romantiques où la confrontation et l'aversion sont de mise dès le départ seront servi.

    Les personnages que rencontre Callie sont, à quelques exceptions près, tous antipathiques. Mais les préjugés de Callie, comme les nôtres, finiront - très lentement cela dit - par s'effriter. Les apparences sont bien trompeuses et beaucoup de personnages cachent en réalité des blessures secrètes. Et lorsque les révélations tombent, on finit par éprouver de l'empathie envers eux. Et j'ai même fini par m'y attacher très fortement.

    Callie gagne en assurance tout au long du récit et tout ce chemin parcouru lui permet de gagner une confiance en elle qu'elle n'avait pas. Elle parvient dès lors à jeter un regard différent sur ses préoccupations. Elle mûrit et finit par s'accepter telle qu'elle est. Le rêve de beaucoup d'ados en somme.
    Cependant, avant d'en arriver à ce stade, elle va en parcourir du chemin ! Sa méconnaissance de l'époque l'embarque dans des pétrins pas possibles. Elle s'acharne à vouloir aider Emily, une fille radieuse dont elle se prend d'affection, mais va aligner les bourdes. Pourtant, c'est en prenant sa défense qu'elle va s'affirmer et grandir. Et puis, l'air de rien, ses convictions vont aussi faire leur petit bonhomme de chemin chez les autres.

    Mais ! Parce qu'il y a un gros "mais" ! J'ai littéralement détesté cette fin ! C'est ce qui fait que je n'ai pas pu lui donner la note maximale. Quelle gâchis ! Alors, oui, Callie franchit une étape, évolue, mais je reste amèrement déçue. Déçue pour tous ces personnages auxquels on apprend à s'attacher au fur et à mesure du récit. Mais chut ! Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler.

    EN BREF :

    En conclusion, ça fait rêver, c'est frais, léger, très clairement à destination des ados (mais je n'ai pas boudé mon plaisir !), et sans ces toutes dernières pages, j'aurais adoré ce livre sans concessions.


    JAUGE DE LA TORTIONNAIRE :

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